Date de sortie du coffret : 14.04.2026
Editeur : Elephant Films

 

Sushi Typhoon - Edition spéciale - Coffret 14 DVD

 

L’intégrale des 14 chefs-d'œuvre de la collection Sushi Typhoon qui ont révolutionné le genre Grindhouse réunis dans un seul coffret Ultra Collector 14 DVD !

1. 
Death Trance - 2. The Machine Girl - 3. Tokyo Gore Police - 4. RoboGeisha - 5. Samurai Princess - 6. Vampire Girl vs Frankenstein Girl - 7. Helldriver - 8. Gothic & Lolita Psycho - 9. Karate-Robo Zaborgar - 10. Tomie Unlimited - 11. Yakuza Weapon - 12. Dead Ball - 13. Zombie Ass - 14. Dead Sushi 

Pour public averti

 

 

Noboru Iguchi après The Machine Girl en 2008, revenait l'année suivante avec RoboGeisha, produit sous le label Sushi Typhoon.

Le pitch du film : deux sœurs, Yoshie et Kikue, sont recrutées de force par une société de fabricants d’armes et transformées en cyborgs. Leurs corps deviennent des arsenaux : lames escamotables, canons intégrés, membres interchangeables. Le scénario est là pour justifier les séquences de combat et, surtout, pour alimenter une mécanique comique fondée sur le contraste : la grâce codifiée de la geisha face à la violence mécanique du cyborg. Chaque transformation est jouée avec un sérieux de façade qui rend l'ensemble d'autant plus efficace.

Côté mise en scène, Noboru Iguchi travaille à flux tendu. Plans serrés, montage en rafale, caméra toujours en mouvement. Le rythme ne laisse aucun blanc. Les séquences d'action sont chorégraphiées avec une énergie manifeste. Pas de prétention au réalisme, mais une précision dans le délire qui témoigne d'une maîtrise du registre. La bande-son joue sur le même écart : nappes électroniques contre instruments traditionnels, ruptures brutales de tempo.

Côté effets spéciaux, Noboru Iguchi mélange prothèse en plastique et effets numériques sans chercher à masquer quoi que ce soit. Au contraire, les raccords visibles font partie de l’ambiance parodique du film. Le sang gicle en gerbes franches, les membres volent avec une désinvolture appliquée. C'est une esthétique assumée à prendre au second degré, comme l’ensemble du film.

Les deux héroïnes ont une relation toxique et complexe qui ne cesse de s’entrechoquer. Aya Kiguchi interprète la plus jeune des deux sœurs en tant que Yoshie Kasuga. Et Hitomi Hasebe joue sa sœur ainée, jalouse et maltraitante, Kikue Kasuga. Elles naviguent sans hésitation entre la retenue de la tradition de la geisha et la posture de l'héroïne d'action. À leurs côtés, les Tengu en tenues mi-guerrières mi-fétichistes font partie du registre parodique.

Noboru Iguchi cite et dézingue simultanément les codes visuels du cinéma d'exploitation japonais. La dimension sexy des costumes est là, délibérée, mais immédiatement retournée par le ridicule des prothèses et la violence des combats. Ce n'est pas de la provocation gratuite : c'est un procédé cohérent avec l'ensemble. 

Dans le même registre, ce robot géant qui se retrouve sur le mont Fuji pour affronter les geishas cyborgs dans un face-à-face tient à la fois de l’hommage et de la parodie des kaiju. Une séquence mémorable. 

En bonus, un court métrage de 16 minutes, qui prolonge l’ambiance du film et reprend les mêmes techniques, sans rien apporter de plus.

RoboGeisha s'inscrit dans un courant précis : le J-splatter des années 2000-2010. Noboru Iguchi nous propose ici un film qui s’amuse du genre qu'il pratique, tout en s’affirmant comme son héritier. L'humour au second degré, les prothèses en plastique, les combats au sabre façon twerk, les effets numériques grossiers, fonctionnent précisément parce qu'ils reposent sur une connaissance intime des codes qu'il détourne. On ne parodie bien que ce qu'on aime. RoboGeisha est à la fois une déclaration d'amour aux films de genre et une mise en pièces joyeuse de leurs conventions.

Le coffret d’Elephant Films rend accessibles les 14 films de Sushi Typhoon qui n'avaient jamais bénéficié d'une telle visibilité en France.
RoboGeisha est un bel exemple du savoir-faire de ce label décalé.

 

Tiphaine et Xavier