
Date de sortie du coffret : 14.04.2026
Editeur : Elephant Films
Sushi Typhoon - Edition spéciale - Coffret 14 DVD
L’intégrale des 14 chefs-d'œuvre de la collection Sushi Typhoon qui ont révolutionné le genre Grindhouse réunis dans un seul coffret Ultra Collector 14 DVD !
1. Death Trance - 2. The Machine Girl - 3. Tokyo Gore Police - 4. RoboGeisha - 5. Samurai Princess - 6. Vampire Girl vs Frankenstein Girl - 7. Helldriver - 8. Gothic & Lolita Psycho - 9. Karate-Robo Zaborgar - 10. Tomie Unlimited - 11. Yakuza Weapon - 12. Dead Ball - 13. Zombie Ass - 14. Dead Sushi
Pour public averti
Réalisation : Yoshihiro Nishimura, Naoyuki Tomomatsu
Scénaristes : Daichi Nagisa, Naoyuki Tomomatsu, Shungiku Uchida
Casting :
Yukie Kawamura : Monami/Vampire Girl
Takumi Saitô : Jyugon Mizushima
Elly Otoguro : Keiko/Frankenstein Girl
Sayaka Kametani : Midori
Jiji Bû : Igor
Eihi Shiina : Monami's Mother
Kanji Tsuda : Kenji Furano
Le label Sushi Typhoon a produit, entre 2008 et 2012, une poignée de films dont la seule ambition déclarée était de pousser le cinéma de genre japonais dans ses derniers retranchements. Vampire Girl vs Frankenstein Girl, co-réalisé en 2009 par Yoshihiro Nishimura et Naoyuki Tomomatsu, appartient au haut du panier de ces productions. Yoshihiro Nishimura, déjà maquilleur et responsable des effets spéciaux sur Tokyo Gore Police et The Machine Girl, passe ici à la mise en scène avec une intention claire : le gore comme ressort comique, la violence comme parodie.
Le film se déroule dans un lycée de Tokyo. Jyugon est un garçon sans relief particulier. Il est le petit ami contraint de Keiko, une gothic-lolita-cheffe de bande de la classe, qui le menace s’il refuse ce nouveau statut. Ce lycée accueille aussi une série surprenante de personnages déviants : club de scarifications, avec une compétition grotesque où les lycéennes se tailladent les poignets jusqu’à perdre un bras… effet gore et gerbe de sang garantis. Association de jeunes Japonaises grimées en Africaines et se comportant comme si elles étaient originaires de cet autre continent. L’établissement scolaire possède également un professeur voyeur, qui va faire les frais de ses mauvaises habitudes.
Face à ces élèves, Monami, nouvelle venue d'une beauté froide, se révèle être une vampire. Et elle a jeté son dévolu sur le pauvre Jyugon. Très maligne, elle a glissé un morceau de son sang dans un chocolat qu’elle offre au jeune homme pour la Saint-Valentin. Ce qui a pour effet de l’asservir en devenant un vampire à son tour. Ce garçon (dont le consentement n’est jamais sollicité) subit ce jeu des rivalités féminines. Ce sont les deux filles qui agissent, qui se mesurent, qui décident de son sort.
La mise en scène de Yoshihiro Nishimura et Naoyuki Tomomatsu est très dynamique. Les plans s'enchaînent à un rythme qui ne ménage aucune pause. Les angles de caméra cherchent systématiquement l'insolite, et les effets spéciaux ne tentent jamais de se faire oublier, bien au contraire, leur caractère artisanal et assumé fait partie du dispositif. Les geysers de sang atteignent des proportions cartoonesques. Une scène résume bien le ton : Keiko, ressuscitée en « créature de Frankenstein » par son père qui, de professeur de physique soumis, se révèle être un savant fou. Ce personnage hilarant avec son maquillage de théâtre Nô, se retrouve à combattre en faisant tournoyer ses propres bras détachés comme des hélices. C'est absurde, c'est sanglant, et c'est franchement drôle. La violence ne produit ici aucun choc : elle produit du rire.
Le scénario tient en quelques lignes. Mais la galerie des personnages secondaires compense largement : un serviteur goule totalement dévoué, une infirmière scolaire nymphomane dont les intentions sont aussi louches que ses méthodes, et le père de Keiko, professeur et savant fou, qui recycle les corps des élèves avec une rigueur scientifique parodique. Chacun de ces personnages est immédiatement mémorable. Les actrices principales, Yukie Kawamura dans le rôle de Monami et Eri Otoguro dans celui de Keiko, jouent dans un registre d'outrance calibrée. C’est ce que réclame le film pour que la comédie-gore fonctionne.
La direction artistique navigue entre la saturation chromatique des mangas les plus bariolés et l'esthétique gore des productions d'exploitation japonaises des années 2000. Les décors du lycée ont ce mélange de banalité et d'étrangeté inquiétante pour ses sous-sols. Tout est détourné à des fins comiques. La bande-son, décalée et entêtante, joue un rôle structurant : la chanson qui accompagne les apparitions de Monami en mode combat fonctionne comme un leitmotiv burlesque, signal sonore que la tonalité bascule dans la farce revendiquée.
Vampire Girl vs Frankenstein Girl se distingue dans la production Sushi Typhoon, par sa précision comique avec laquelle il traite ses propres excès. Le film sait exactement jusqu'où aller, et la compétition de scarifications entre lycéennes (la séquence la plus frontalement satirique) illustre bien cette maîtrise : le sujet est potentiellement glauque, le traitement le rend absurde, le résultat est de la comédie pure. L'humour tient au contraste entre le sérieux affiché des personnages et le ridicule de la situation.
Un film qui assume intégralement ce qu'il est : de la comédie gore de lycée, sans prétention autre que de faire rire avec beaucoup de sang.
Tiphaine et Xavier