
Date de sortie : 04.02.2026
Distribution : Metropolitan Films
Réalisateur : Christophe Gans
Scénaristes: Christophe Gans, Sandra Vo-Anh, William Josef Schneider , d’après le scénario de Hiroyuki Owaku pour le jeu vidéo. Jeu vidéo créé par Keiichiro Toyama
Casting :
Jeremy Irvine : James Sunderland
Hannah Emily Anderson : Mary Crane
Robert Strange : Red Pyramid
Evie Templeton : Laura
Pearse Egan : Eddie Dombrowski
Eve Macklin : Kaitlyn / Angela
Retour à Silent Hill, à travers l’œil de Christophe Gan, vous transporte une nouvelle fois dans l'univers vidéoludique. Atmosphère dense et introspective au programme.
Ce film opte pour une approche authentique, tranchée et assumée (allez lire notre compte rendu de l’intervention de Christophe GANS au Cgr de Tours Centre pour en savoir davantage). Le réalisateur, en grand fan du jeu vidéo de Konami réinterprète et propose une adaptation qui vous fait vivre une expérience qui s'infiltre plutôt qu'elle n'assaille, vous invite à absorber ses brumes plutôt qu'à les traverser.
Le traitement de l'image est remarquable. Les teintes sépia et gris plomb, ponctuées d'ors rouillés et d'éclats rouges évocateurs de souvenirs enfouis, composent une palette qui trouble les ombres et maintient l'impact émotionnel. Comme si chaque cadre émergeait d'un songe inachevé. Les décors, modelés comme des artefacts, avec leurs murs fissurés, néons vacillants, etc., confèrent une présence tangible à l'environnement. L'ambiance fantastique pulse d'une sensualité troublante : la brume, épaisse et oppressante, agit comme un voile qui tord les perceptions et incarne une certaine forme d’abysses mentaux. Les figures cauchemardesques et autres monstres sont interprétés par des danseuses acrobates aux formes fluides ou déchiquetées, qui transcendent le monstrueux pour devenir des métaphores mobiles, des échos visuels de peurs innommables. Le montage, fluide et mesuré, transforme chaque transition en une respiration introspective, chaque mouvement de caméra en une plongée dans les couches du subconscient.
Le scénario s’articule autour de la relation entre James et Mary. Un choix délibéré et assumé par Christophe GANS. L’exploration de cette relation amoureuse se fait comme pour un espace maudit où tendresse et terreur se fondent pour donner naissance au pire, au fantastique. Leur lien, marqué par une affection apparente, masque des fractures profondes. Tout est dévoilé à travers des flashbacks qui résonnent, comme des accords persistants dans une harmonie discordante. Cette dynamique ancre le surnaturel dans l'intime : les apparitions émergent comme des projections de conflits conjugaux. Entre souvenirs idéalisés et effroi, sans tomber dans la complaisance.
Jeremy Irvine habite le personnage de James avec une vulnérabilité qui vire à l'obsession, et Hannah Emily Anderson prête à Mary une ambiguïté envoûtante, oscillant entre chaleur et ombre.
Techniquement, la bande-son se fait complice organique avec ses nappes sonores industrielles, murmures altérés et silences qui forment une symphonie où s’amplifie l'angoisse.
Retour à Silent Hill est un film qui ne pourra que plaire aux adeptes du genre, une consécration pour les fans et une invitation intrigante pour les novices. Avec des scènes qui rendent hommage à David Lynch, Clive Barker et Roger Corman, avec des racines ludiques réinventées.
Au sein des adaptations horrifiques, Retour à Silent Hill trace un sillon unique, explorant la peur comme un rêve persistant, un appel à confronter nos démons intérieurs. À découvrir en salle, dans l'obscurité complice, pour laisser les brumes imprégner votre âme. Un film qui dépasse l'horreur pour devenir un songe inoubliable qui ne manquera pas de vous hanter.
Tiphaine et Xavier
pour retrouver toute l'intervention de Christophe GANS après la projection : lien ici