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La salle de l’Escale est un lieu parfait pour cette troisième édition de l'Artificial Waves.
Une très grande salle. Une grande scène pour permettre aux artistes de s’exprimer en toute liberté. Et des lumières très puissantes pour assurer un joli show visuel. Le son est très bon, avec des graves qui vous raisonnent dans le corps même si vous êtes tout au fond de la salle. Sans que les aigus ne partent dans tous les sens.
Bravo à l’organisation pour avoir réussi à remplir cette salle pour cette édition 2026 qui affiche complet, comme les deux précédentes.
Nous n’avons que deux interviews de groupe à vous proposer, car les seuls The Narrator et Tyrants Breaker ont répondu favorablement à nos propositions.
Tyrants Breaker

Le groupe ouvre le festival en mettant la barre très haut.
La salle de l'Escale est climatisée (mais il y aura plusieurs coupures plus tard dans la journée). Ce qui permet à tout le monde de se sentir en pleine forme et de s’agiter devant la scène comme si de rien n’était alors qu'il fait plus de 30 degrés à l’extérieur. Niveau son c'est bien massif, exactement comme sur leur production studio. Le son est ultra-lourd avec les deux guitares, la batterie est assez réduite mais très bien utilisée, notamment avec des frappes sur la grosse caisse qui arrachent. Et cette voix saturée qui vous arrache les tympans à chaque seconde. Ça fracasse. Et ça joue. C’est bien plus technique à voir qu’à entendre. Avec ce jeu de profondeur sur des breaks vraiment lourds comme sur le dernier titre qui vient de sortir, V3nxm. Et au passage une exclu avec le titre Barefaced.
Le public est déjà présent en masse. Et tout le monde a eu raison de venir dès l’ouverture du festival pour prendre la première claque de la journée.
C’était bien puissant. Quelle belle entrée en matière.

Pour écouter l'interview du groupe qui commence avec Victor (guitare) et Hugo (chant) et se termine avec tout le groupe : Mattéo (basse) et Léo (batterie)
Pour télécharger l'interview : https://lautremonde-radio.fr/itw.Tyrants.Breaker.30.05.2026.mp3

Sunborn est venu secouer toute la salle avec un son très métissé. Dans un show light très sombre. Avec les masques en plus. C’est presque une expérience sensorielle, ce concert.

Vous ne voyez pas grand-chose, alors c’est la musique qui vous guide. Entre les passages atmosphériques en chant clair qui sont de petites bouffées d’oxygène durant lesquelles le public lève les bras au son de la musique ou utilise la lumière de son portable pour l’agiter en rythme. Et vous avez le même issu des explosions de violence brute du son de Sunborn qui vous secoue dans tous les sens. Même l’intermède techno ne vous permet pas de reprendre votre souffle. Avec des beatdowns bien appuyés comme il se doit. Le groupe tabasse fort sans jamais faiblir. Mais cette agressivité se ressent surtout dans le chant. Car la guitare et la basse forment une masse sonore compacte.
Alors quand le chanteur demande un wall of death « dans la bienveillance », la salle se sépare en deux jusqu’à la table de mixage pour aller « se faire un gros câlin ».
C’est cette atmosphère toujours entre deux eaux que vous propose Sunborn. C'est à la fois puissant et fragile, solide et mouvant.
Par contre le public n’a pas trop suivi, car un bon quart des festivaliers présents en début de concert avaient disparu à la fin.
Solitaris

Quel déchaînement de la part des festivaliers ! Circle pit ! Et pogos bien énergiques tout du long.
Il faut dire que le son orienté vers la frontière hardcore du groupe pousse très fort.
Un son qui claque d’une force ! Avec une batterie qui mitraille. Des breaks incessants. Un son lourd et rapide qui vous maltraite en permanence.
Et ce chant saturé bien agressif, doublé par des backing vocals très graves de la part du bassiste.
Avec quelques moments suspendus comme le titre sur lequel le guitariste se retrouve seul sur scène pour chanter.
Avec en show visuel ces tenues de nazgul très inquiétantes, les lampes sur les enceintes et les écrans avec des messages qui sont transmis entre chaque titre. Et qui diffusent des images brouillées pendant les morceaux.
C’est direct. Ça défonce tout sans se poser de question.
Efficacité maximale, tension optimale.
Quelle ambiance !
Avralize

Les Allemands avec leur metal moderne teinté pop sont un vrai plaisir à entendre. Il y a les ambiances charmeuses et chaleureuses de la pop, l’énergie du metal et la créativité du groupe qui joue de façon technique et sait garder son émotion avec un groove incroyable. Cela s’entend sur les soli de guitare et aussi sur l’intermède où le guitariste est seul en scène pour un titre instrumental en tapping. Les parties de basse sont aussi super intéressantes, claquent bien sec.
Sur Tired, le chanteur demande une fois encore à la fosse de s’ouvrir en deux et la folie reprend, car avec Avralize dès que la saturation arrive dans la voix, ça s'excite dans le pit. Et le reste du temps, ça s’excite aussi ! C’est la force de la musique d’Avralize en live : vous donner envie de sauter partout, avec cette batterie qui dynamise les titres avec un son très marqué. Tout cela sur un tempo juste comme il faut pour vous permettre de bouger. Il n’en faut pas plus pour avoir un beau circle pit ! Ou que toute la salle frappe en rythme dans ses mains. Le groupe était attendu par un bon tiers de festivaliers qui connaissait déjà le groupe avant ce soir. Alors que ce n’est que leur deuxième concert en France. Avec comme dernier titre Upside Down.
Quelle prestation à la fois joyeuse et énergique.

The Narrator

Leur dernier album "Phosphor" est sorti il y a que quelques semaines. Le groupe a bien évidemment à cœur de le défendre ce soir.
Avec un chanteur qui parle quelques mots de français, forcément la connexion se fait plus facilement.
Sur scène ça défonce avec beaucoup de nuances. Le fait d’avoir deux chanteurs a toujours été à nos yeux une énorme plus-value. Cela se vérifie encore ce soir. Avec le chanteur principal qui est en saturation et la bassiste qui assure le chant clair. Cela permet des variations aussi sur le timbre de la voix. Et vous avez ainsi un chant très abrasif, qui donne l’impression de pousser jusqu’à la limite de la rupture. Alors que pour le chant clair tout se joue la puissance et la nuance. Cela a aussi pour effet de jouer sur un double registre quand les deux voix se mélangent.
Le son vibre bien fort avec The Narrator. Et le public adore ça. Il faut voir le pit s’agiter, quelques crowd-surfers. Des bras qui se soulèvent, le groupe a transformé les festivaliers en un organe vivant qui réagit à leur musique à la perfection.

Côté guitare ça joue à fond, heureusement qu'il y a de l’espace sur la scène pour que Tom soit libre dans ses mouvements.
Et ce son de batterie avec des accélérations qui vous percutent dans le torse et vous font vibrer, puis ce petit roulement à la caisse claire tout en délicatesse. C’est un savoir-faire remarquable que possède The Narrator. Tout le monde est unanime dans la salle, ce groupe est particulièrement bon. J’ai rarement vu toute une salle sauter en rythme (même si cela ne dure pas très longtemps). Devant The Narrator vous ne pouvez-vous en empêcher.
Et quand le chanteur d Avralize vient pour le titre Stasis, tout est public présent dans le pit est ravi de se lancer dans un nouveau wall of death! Quelle puissance quand les deux chanteurs sont ensemble.
Et il y a le chanteur de Elwood Stray qui vient poser la voix sur le titre No Answer.
Une musique qui vous entraîne avec des musiciens qui se donnent à fond et qui embarquent tout le monde dans un échange intense.

Pour écouter l'interview de Tom, guitariste du groupe :
pour télécharger l'interview : https://lautremonde-radio.fr/itw.The.Narrator.30.05.2026.mp3
Pour lire la traduction en français : lien ici
Elwood Stray pour clore cette très belle édition de l’artificial waves.

Avec une setlist très énergique. D’entrée de jeu, un featuring avec le chanteur de The Narrator et un groupe qui bouge partout sur la scène. Quelle animation ! Où que vous posiez les yeux, il y a du mouvement.
Et c’est fou comment le chanteur réussit à exciter les festivaliers au point de réussir à lancer un circle pit avant même que la musique ne commence.
C’est encore une fois un groupe avec deux voix qui sont diamétralement opposées. Le chanteur est dans la saturation qui peut descendre sur du guttural bien gras. Et le guitariste qui chante d’une voix délicate légèrement aiguë et nasillarde.
Le bassiste assurant quelques backing-vocals à l’occasion.
Mais quel son en concert ! C’est tonitruant. Comme si le volume avait été bridé jusque-là.
Ça vibre de partout avec des fréquences bien graves qui se marient avec un son de guitare qui déchire. Il y a un empilement fou des instruments qui font jusqu’à la limite de la saturation de l’espace sonore. C’est un véritable monolithe que vous prenez dans les oreilles, avec quelques passages plus aériens comme sur le titre Genesis extrait de leur dernier album où les parties de guitare volent au-dessus de la lave en fusion qui vous coule dans les oreilles.
Quelle puissance impressionnante à entendre. Et cela fait l’unanimité. Tout le monde est venu voir le groupe. La salle est remplie à ras bord.
Avec quelques moments d’une grande sensibilité, comme le titre sur lequel vous n’avez que les deux guitaristes, chacun sur son extrémité de la scène, pour un titre très intimiste. Avec le reste du groupe qui les rejoint sur la seconde partie du morceau.
Et quand sur le titre suivant vous prenez un beat down abyssal, vous êtes soufflé.
Quelle capacité incroyable à créer du contraste et des sensations extrêmes pour Elwood Stray.
Et quand le chanteur demande plus de crowd-surfers, c’est un véritable tsunami qui s’élance vers la crash barrière. Bravo à la sécurité pour avoir assuré leur mission jusqu’au bout !
Avec ce soir pour leur 4ᵉ venue en France, le titre Decay a été joué pour la première fois en concert, avec un superbe solo de guitare.
Un concert d’une intensité folle avec un dernier titre apocalyptique.
Un concert mémorable.

Nous renouvelons toutes nos félicitations à l’organisation de l’Artificial Waves. Cette troisième édition est allée plus loin que tout ce que nous avions espéré. Le choix de cette nouvelle salle est parfait en termes de confort pour les groupes et pour le public. De plus, pour avoir discuté avec les techniciens, le son est très bon.
Nous remercions aussi les festivaliers qui ont permis au festival d’afficher complet. Un soutien indispensable.
Tiphaine et Xavier