
Date de sortie en salle : 1975
Date de sortie du coffret blu-ray/DVD d'Artus Films : 23.04.2026
https://artusfilms.com/products/une-libellule-pour-chaque-mort
Un film de León Klimovsky (Billy le Kid, La furie des vampires, Trauma)
Combo digipack BluRay/DVD
Master 2K restauré – Version intégrale
avec :
Paul Naschy (Les vampires du Dr Dracula, Dracula contre Frankenstein, Le bossu de la morgue)
Erika Blanc (Au service du Diable, La vengeance de Lady Morgan, Opération peur)
Suppléments
Présentation du film par Emmanuel le Gagne et Sébastien Gayraud
Diaporama d’affiches et de photos
Espagne – 1975
Scénario Paul Naschy - Photographie Miguel Fernández Mila – Montage Antonio Ramírez de Loaysa – Décors José Algueró
Durée : 88 minutes
Version : français, espagnol
Sous titres : français
Format 1.85 original respecté
16/9ème – 1920/1080p
Couleur
Interdit aux moins de 16 ans
Milan, milieu des années 1970. C'est dans ce cadre que León Klimovsky installe son giallo. Le réalisateur argentin (dentiste de formation puis cinéaste prolifique) n'en est pas à son coup d'essai dans le genre. Pionnier du western paella, artisan du fantastique ibérique, avec lui chaque film est une expérience. Une libellule pour chaque mort, sorti en 1975, est désormais disponible grâce à Artus Films dans une version restaurée en master 2K, fidèle au format original.
Nous assistons à une série de meurtres, et à côté de chaque corps est découverte par l’inspecteur Scaporella (Paul Naschy) une libellule, signature d'un tueur qui se croit investi d'une mission de nettoyage. Ses victimes sont des marginaux, des invisibles que la ville préfère ignorer. Prostitués, dealers, homosexuels : le tueur a une « morale », et c'est précisément cette morale-là qui rend le personnage dérangeant, davantage qu'un masque ou une lame. Les lettres qu'il adresse à l'inspecteur fonctionnent comme des fenêtres sur une psyché en décomposition, pas comme de simples indices. L'enquête progresse moins par filatures ou interrogatoires que par accumulation de détails. C'est là l'un des paris du film.
Paul Naschy (également scénariste) incarne l'inspecteur Scaporella avec une économie de moyens inhabituelle pour lui. Il joue un policier ordinaire, prévisible dans ses réflexes, rapide dans ses conclusions, prompt à cataloguer avant d'avoir observé. Au bureau, il est impulsif, parfois violent dans ses certitudes. Mais lorsqu’il rentre chez lui, c'est autre chose : il est un homme attentif, présent, dévoué. Ce contraste n'est jamais souligné lourdement. Cela se constate simplement à l’image. C'est Erika Blanc, dans le rôle de Silvana (la compagne de l’inspecteur Scaporella), qui porte l'élan du film. Elle forme un véritable partenariat avec Scaporella qui lui donne toutes les informations sur l’enquête. Elle travaille en parallèle des actions de la police. Elle sort seule, pose des questions qu'on ne lui a pas demandé de poser, lit ce qu'on ne lui a pas confié. Son personnage avance en douceur avec une bonne intuition. La dynamique du couple qui pourrait surprendre, mais qui se révèle gagnante : Silvana fait avancer l'enquête, oriente l’inspecteur Scaporella. Ce renversement silencieux des rôles donne au film quelque chose d’intéressant.
Une libellule pour chaque mort est un giallo plein d’aspérités. Le rythme accroche par endroits, certains rebondissements tirent sur la corde de la coïncidence. Mais les imperfections font partie du charme du film. Ce que León Klimovsky construit ici, c'est un objet hybride : espagnol dans l'esprit, milanais dans le décor, giallo dans les codes et pourtant légèrement à côté de tout ça. Un film qui observe le genre et en tire quelque chose d'étranger, d'un peu décalé.
Le combo digipack Blu-ray/DVD d'Artus Films contient pour les bonus un portrait de León Klimovsky par Emmanuel Le Gagne et Sébastien Gayraud :
Cinéaste, qui est chirurgien-dentiste de formation, puis critique pour une revue de cinéma et amateur d’avant-garde. Originaire d’Amérique du Sud il expérimentait beaucoup lors de ses prises de vue. Il y a toujours des liens avec le film noir. Il a réalisé des films dans tous les genres possibles, tout au long de sa carrière. Il est le pionnier du western paella, avec Torrejón City (1962). Sa rencontre avec Paul Naschy a donné 8 films ensemble. Ses films sont presque introuvables.
Pour Une libellule pour chaque mort, il y a une originalité dans le traitement du personnage de Paul Naschy. Avec une certaine distance grâce aux scènes domestiques qui font bien plus avancer l’enquête que par ce qui se passe sur le terrain. Avec un petit truc en plus pour le son : León Klimovsky a récupéré la musique d’autres films pour en faire la bande son de Une libellule pour chaque mort. Visuellement, une utilisation importante du vert et du rouge dans la composition du cadre.
Tiphaine et Xavier
