Date de sortie en ultra HD 4K / Blu-ray : 17.03.3036
Carlotta Films

Torso - Édition Prestige Limitée UHD + Blu-ray + Memorabilia
Torso-Editions ULTRA HD 4K
Torso-Edition Blu-ray

 

TORSO de Sergio Martino
(1973 - Couleurs - 93 mn)
Version italienne sous-titrée français + Version anglaise sous-titrée français
Édition 4K UHD ou Blu-ray
Nouvelle restauration 4K

Inédit en 4K UHD & Blu-ray

LE FILM

. NOUVELLE RESTAURATION 4K (DOLBY VISION™ COMPATIBLE HDR10)*

. VERSION ITALIENNE SOUS-TITRÉE FRANÇAIS DTS-HD MASTER AUDIO 1.0

. VERSION ANGLAISE SOUS-TITRÉE FRANÇAIS DTS-HD MASTER AUDIO 1.0

*disponible uniquement sur la version Ultra HD Blu-ray™

LES SUPPLÉMENTS

. LE PREMIER SLASHER (25 mn – HD)
Le réalisateur Sergio Martino se remémore le tournage du film dans un entretien inédit en France.

. GIALLO MON AMOUR (16 mn – HD)
Le coscénariste Ernesto Gastaldi évoque la grande époque du giallo et ses spécificités en termes d’écriture.

. UN FRANÇAIS EN ITALIE (34 mn – HD)
L’acteur Luc Merenda revient sur sa carrière en Italie et sur ses rencontres avec les gens du milieu.

. TORSO 17 (20 mn – HD)
Dans cet entretien réalisé en 2017, la cinéaste Federica Martino, fille de Sergio Martino, songe à un remake de Torso.

. UNE VIOLENCE CHARNELLE ENTRE REFOULEMENT ET DÉBAUCHE (28 mn – HD)
Un entretien avec Jean-François Rauger, critique de cinéma et directeur de la programmation à la Cinémathèque française.

. SÉQUENCE ALTERNATIVE DE JOUR (5 mn)

. BANDES-ANNONCES (HD)

. TEASERS

. SPOT RADIO

 

BD 100 • MASTER 4K • 2160/23.98p • ENCODAGE HEVC
Version Italienne DTS-HD Master Audio 1.0 • Version Anglaise DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-Titres Français • Format 1.66 respecté • Couleurs • Durée du Film : 93 mn

BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • 1080/23.98p • ENCODAGE AVC
Version Italienne DTS-HD Master Audio 1.0 • Version Anglaise DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-Titres Français • Format 1.66 respecté • Couleurs • Durée du Film : 93 mn

 

 

 

En 1973, le cinéma de genre italien est en pleine mutation. Le giallo arrive à maturité, tandis que le slasher américain va bientôt pointer à l'horizon. Sergio Martino réalise Torso (I corpi presentano tracce di violenza carnale) un film qui tire précisément sa force de cet entre-deux.

À l'heure où Alfred Hitchcock demeure la référence absolue du suspense psychologique, Sergio Martino s'empare de ces codes, pour proposer une version personnelle, plus viscérale, plus sombre, plus érotique. Quelque chose qui ressemble déjà, par bien des aspects, à ce que John Carpenter (Halloween 1978) ou Wes Craven vont formaliser quelques années plus tard.

Ernesto Gastaldi et Sergio Martino construisent leur récit comme un mécanisme à double détente. La première partie plonge le spectateur dans l'animation d'une université italienne de Pérouse, où Jane (une étudiante américaine interprétée par Suzy Kendall) découvre l'Italie avec la légèreté d'une rêveuse. Mais très vite, une série de meurtres commence à décimer l'entourage de la jeune femme. La police tâtonne, les corps s'accumulent, et l'atmosphère urbaine, d'abord lumineuse, se charge de danger.

Puis vient la rupture : le groupe de quatre jeunes femmes quitte la ville pour une villa isolée dans les collines. Ce basculement n'est pas une simple transition spatiale, il est aussi narratif. La villa n'est pas un refuge : c'est un piège.

Cette transition, au-delà du changement de décor, c'est une évolution qui transforme le giallo en quelque chose de plus direct dans sa violence. C'est là que Torso devient un précurseur direct du slasher américain, où l'isolement est la condition première de la terreur.

Là où beaucoup de films de genre de l'époque cantonnent les femmes à un rôle de victimes passives, Torso s'en distingue par la mise en avant de ses personnages féminins. Suzy Kendall interprète Jane avec une économie de jeu efficace : peu de grands effets, mais une progression intérieure convaincante. Tina Aumont incarne Daniela Anselmi avec une présence magnétique et une légèreté de surface qui dissimule mal une fragilité sous-jacente. Son personnage est le plus exposé du groupe, bascule avec rapidité, sous la pression du monde qui l’entoure. Luc Merenda apporte à Roberto une ambiguïté entretenue avec soin : entre séduction et opacité, son personnage ne se laisse jamais tout à fait cerner, ce qui en fait l'un des éléments les plus déstabilisants. John Richardson donne à Franz une autorité tranquille. Angela Covello joue Katia dans la retenue, personnage en recul qui observe. Carla Brait, est Ursula dont la vivacité contraste avec le reste du groupe.

Ces starlettes incarnent des femmes qui doutent, fuient, réagissent. Luc Merenda, dans un registre plus ambigu, participe à cette dynamique collective en soulignant les tensions sous-jacentes entre désir et menace qui structurent tout le film. Le casting international renforce l'idée d'un univers où les repères culturels et moraux se dissolvent, laissant place à une angoisse universelle.

C'est sur ce point que Torso mérite une attention particulière. Sergio Martino utilise les techniques hitchcockiennes et s'en sert comme d'un point de départ. Les travellings lents, les silences calculés, l'attention portée aux regards et aux détails anodins qui deviennent menaçants : tout cela appartient à une tradition du suspense psychologique du maître américain. Sergio Martino y ajoute une violence plus frontale, une sexualité plus explicite, et surtout une logique d'isolement et de traque qui constitue le socle du slasher.

Le tueur cagoulé de Torso (dont l'identité reste longtemps opaque) annonce directement les figures masquées de Halloween (1978) ou Vendredi 13 (1980) : une menace qui se définit par sa méthode et sa présence physique. Le film est l'un des premiers à montrer que le raffinement formel du giallo européen et la brutalité frontale du slasher américain ne sont pas incompatibles. Il est possible de soigner le cadre et de trancher des gorges dans le même mouvement.

Aujourd’hui Torso frappe par son universalité. Ses thématiques comme la fragilité de la jeunesse face à la violence, le corps féminin comme enjeu de pouvoir, entre désir et danger, la confiance trahie comme moteur de la terreur fonctionnent toujours pour faire monter la tension et l’angoisse. Le film ne parle pas seulement de meurtres : il parle de désir, de pouvoir, d'une sexualité qui oscille en permanence entre émancipation et menace. Des préoccupations qui résonnent avec une acuité troublante dans notre société. Cela explique pourquoi le film continue d'être cité comme référence par des cinéastes contemporains comme Quentin Tarantino.

Torso, c'est un film qui a vu venir les décennies suivantes, avec la lucidité froide d'une œuvre qui n'a pas peur de se salir les mains. Sergio Martino signe un film impossible à réduire à une simple étiquette. C’est un jalon, au sens strict du terme, qui est devenu un classique. Un indispensable pour votre culture du cinéma de genre.

 

Les bonus:
Le réalisateur Sergio Martino dit qu’il a probablement écrit ce scénario après avoir vu Terreur Aveugle avec Mia Farrow. Puis l’a laissé dans un tiroir. C’est avec Carlo Ponti que le casting est devenu international, ce qui va très bien avec l’université de Pérouse. Ce fut un vrai succès au box-office. Quentin Tatantino en fait l’éloge. Il y a un côté transgénérationnel à cette histoire qui continue d’intéresser les jeunes. Sergio Martino décrit une scène clé du film en termes de tension. Il revient sur le choix du premier titre qui n’a pas plu au distributeur. Et parlent de plusieurs autres changements réalisés. Vous aurez aussi des informations sur le choix du casting, de la musique… 

Ernesto Gastaldi, co-scénariste raconte ses souvenirs du film et fait le point sur la technique du giallo : un film où le spectateur se dit à la fin, « si j’avais fait plus attention, j'aurais pu deviner. » C’est un puzzle.

Luc Meranda parle de sa carrière. Il explique sa différence de ressenti face au public italien, très chaleureux avec qui tu prends un café en plus même si tu en as déjà pris plusieurs, par rapport au public français. Dans sa carrière, sa connaissance de la savate lui a servi dans ses rôles. Il avoue avoir fait des films alimentaires mais aimait qu’il y ait certaines profondeurs dans les films. Et il regrette que les rôles féminins n’aient pas plus été mis en avant à cette époque. Il a besoin de se voir dans les yeux des autres.

Federica Martino, fille du réalisateur Sergio Martino avait pensé à faire un remake. Mais elle a renoncé au projet qui était très avancé. Elle revient sur toutes les idées qu’elle a sur le scénario du remake, les personnages, etc. Elle parle de son ressenti et de sa relation avec le film, ce qui l’a frappé. Et d’autres anecdotes sur elle.

Jean François Rauger, critique de cinéma et directeur de la programmation de la Cinémathèque française, rappelle que Torso est le dernier giallo de Sergio Martino. Et il revient sur la carrière du réalisateur, sur le film, avec le choix du titre, sur l’importance du budget de cette production. Il rappelle l’intérêt du casting, avec des acteurs et des actrices étrangers, du choix du lieu de tournage. Le film marque une évolution, pour le côté érotique et gore. Il attire l’attention sur la bande son et le rôle de la musique qui influence la mise en scène. Il parle du ressort du cinéma italien avec la débauche et la punition, ce qui est le système de tout le film. Et il parle de l’influence d’Alfred Hitchcock sur le film, etc.

 

Xavier