Date de sortie au cinéma : 04.02.2026
Distribution : Pathé

 

Réalisateur : Philippe Lacheau 
Scénaristes : Philippe Lacheau, Julien Arruti, Pierre Dudan, Pierre Lacheau

Philippe Lacheau : David Ticoule
Jamel Debbouze : Pablito Camaron
Tarek Boudali : Ricky Salsa
Élodie Fontan : Tess
Julien Arruti : Stéphane Buisson
Alban Ivanov : Raymond le douanier
Corentin Guillot : Léo
Reem Kherici : Hélène la journaliste
Jean Reno : Jeffrey Malone
Gérard Jugnot : Le capitaine du paquebot

 

 

 

Quatorze ans après le carton d'Alain Chabat, Philippe Lacheau s'empare à son tour de l'iconique créature jaune de Franquin pour livrer une comédie d'aventure qui mise tout sur l'énergie et le divertissement. Sorti le 4 février 2026, ce Marsupilami nouvelle génération vous embarque dans une aventure rocambolesque où un bébé de l'espèce mythique sème un joyeux chaos. Entre hommages assumés à la pop-culture et humour débridé, Philippe Lacheau signe ici son projet le plus ambitieux, un pari audacieux (très réussi) qui bouscule les conventions du genre tout et célèbre l'imaginaire collectif.

Une comédie qui joue sur tous les registres :

Le film déploie un arsenal comique impressionnant. Les gags visuels s'enchaînent à un rythme soutenu, alternant cascades minutieusement chorégraphiées et situations burlesques qui feront rire aussi bien les enfants que leurs parents. Cette stratégie à double niveau fonctionne : vous pourrez vous esclaffer devant les pitreries du marsupilami et les chutes spectaculaires. Et capter les multiples clins d'œil parsemés tout au long du métrage. Car Lacheau n'hésite pas à convoquer un panthéon de références : de E.T. à Jurassic Park, de Titanic à Dragon Ball, en passant par Gremlins et même Top Gun, le film tisse un réseau d'allusions qui enrichit l’ambiance. Cette générosité référentielle, marque de fabrique du réalisateur, est une belle réussite, grâce à un timing impeccable et une vraie compréhension des codes du divertissement populaire.

L'aventure au service de l'émotion :

Au-delà du rire, le scénario construit une vraie dynamique narrative. L'intrigue suit David Ticoule (Philippe Lacheau), contraint par son patron mafieux (Jean Reno) de récupérer un mystérieux colis en Amérique du Sud. Ce qui devait être une simple livraison se transforme en odyssée familiale lorsque le paquet révèle son contenu : un adorable bébé marsupilami. À bord du paquebot, David doit composer avec son ex-compagne Tess (Elodie Fontan), leur fils Léo (Corentin Guillot) et un collègue maladroit, Stéphane Buisson (Julien Arruti), tout en protégeant la créature des braconniers. Cette trame permet au film de déployer de belles émotions inattendues, notamment autour de la reconstruction familiale et de la paternité, offrant une profondeur bienvenue qui rappelle les grandes productions d'aventure familiales.

Une distribution au service du chaos comique :

Philippe Lacheau campe David avec un mélange de charisme maladroit et d'autodérision touchante. Son personnage de père imparfait qui tente de se racheter auprès de son fils et de son ex-femme trouve un équilibre délicat entre comédie et sincérité émotionnelle. L'acteur-réalisateur-scénariste n'hésite pas à se montrer ridicule, se livrant à des gags burlesques tout en portant l'arc narratif principal avec une vraie présence.

Jamel Debbouze reprend avec bonheur son rôle de Pablito Camaron, ce guide au grand cœur déjà présent dans le film d’Alain Chabat. Son énergie communicative et son sens du timing comique apportent une continuité appréciable entre les deux adaptations.

Élodie Fontan compose une Tess piquante et déterminée, capable de tenir tête à son ex-mari avec une verve réjouissante. Son alchimie avec Philippe Lacheau, déjà éprouvée dans leurs précédentes collaborations, fonctionne parfaitement, notamment dans les scènes d'affrontement verbal où les répliques fusent.

Tarek Boudali livre une performance exubérante dans le rôle de Ricky, incarnant un chanteur ringard dont les apparitions offrent des moments de pur délire. Sa capacité à embrasser pleinement le ridicule de son personnage ajoute une dimension absurde bienvenue. Vous apprécierez le clip de fin qui est le point d’orgue sur le sujet.

Julien Arruti excelle en Stéphane Buisson, collègue benêt dont la maladresse déclenche le chaos initial. Son jeu et son timing comique créent des situations cocasses qui servent d'étincelle (parfois au sens littéral du terme) aux rebondissements les plus délirants du film.

Jean Reno apporte son autorité naturelle au rôle de Jeffrey Malon, le patron mafieux propriétaire d'un zoo. Sa présence, par petites touches, confère une gravité palpable aux enjeux, faisant un contrepoint intéressant à l'exubérance générale.

Alban Ivanov campe le douanier Raymond avec son énergie débridée habituelle, offrant des moments de ridicule qui dynamisent le récit aux moments stratégiques.

Corentin Guillot est une belle révélation dans le rôle de Léo, le fils de David et Tess. Naturel et touchant, le jeune acteur réussit à créer une relation crédible avec la marionnette animatronique du Marsupilami, portant la dimension émotionnelle du film avec une maturité remarquable.

Un marsupilami plus vrai que nature :

La véritable prouesse technique du film réside dans la créature elle-même. Optant pour une approche hybride mêlant animatronique et images de synthèse, l'équipe technique a créé un bébé marsupilami d'une expressivité saisissante. La marionnette, équipée de 26 moteurs et manipulée par jusqu'à cinq opérateurs simultanément, permet aux acteurs d'interagir physiquement avec elle. Ses grands yeux expressifs, sa truffe mobile et ses oreilles frétillantes lui confèrent une présence tangible à l'écran. Cette authenticité tactile se ressent dans chaque scène : quand Léo serre la créature contre lui, l'émotion est palpable. Pour les séquences d'action impossibles à réaliser mécaniquement, les effets numériques du studio Mathematic prennent le relais avec fluidité, notamment pour animer cette queue légendaire capable de tous les exploits. Le résultat est un personnage attachant qui fait fondre les cœurs tout en restant fidèle à l'esprit facétieux de Franquin.

Un divertissement assumé :

Visuellement, le film déploie une palette chatoyante qui évoque autant l'exubérance des bandes dessinées que l'esthétique des productions des années quatre-vingt. La mise en scène dynamique de Philippe Lacheau, servie par un montage nerveux, maintient un rythme effréné qui ne laisse guère le temps de souffler. La bande sonore épouse parfaitement cette énergie débordante, alternant compositions épiques et thèmes ludiques.

Marsupilami est une indéniable réussite avec son humour parfois potache, mais c’est pour la bonne cause. Dans un paysage cinématographique français souvent trop sérieux ou convenu qui n’ose plus, de peur de froisser telle ou telle partie de la population, au point de s’autocensurer et de devenir stérile, Philippe Lacheau assume pleinement son parti pris du divertissement décomplexé. Qu’il en soit mille fois remercié. Ce film est une invitation à retrouver son âme d'enfant, à se laisser porter par une aventure trépidante où l'absurde règne en maître. Pour qui accepte de jouer le jeu, c'est une expérience jubilatoire qui confirme le talent de Philippe Lacheau et de tous ses acolytes pour marier spectacle et sincérité.

Un voyage cinématographique qui laisse un sourire persistant et l'envie irrépressible de crier "Houba Houba !" en sortant de la salle.

 Xavier