
Date de sortie en salle pour la version d'origine : 1963
Date de sortie en salle pour la version restaurée : 28.10.2026
Réalisateur : Riccardo Freda (crédité comme Robert Hampton)
Scénaristes : Oreste Biancoli (crédité comme Robert Davidson) et Riccardo Freda (crédité comme Robert Hampton)
Casting :
Barbara Steele : Margaret Hichcock
Peter Baldwin : Dr. Charles Livingstone
Elio Jotta : Dr. John Hichcock (crédité comme Leonard G. Elliot)
Harriet Medin : Catherine Wood, la gouvernante (créditée comme Harriet White)
Carlo Kechler ! Policier (crédité comme Charles Kechler)
Umberto Raho : Canon Owens (crédité comme Raoul H. Newman)
Alberto Plebani : Albert Fisher (crédité comme Reginald Price Anderson)
Le Spectre du professeur Hichcock sort en Italie le 30 mars 1963, distribué par Dino De Laurentiis. Riccardo Freda le signe sous le pseudonyme de Robert Hampton, comme L'Effroyable secret du docteur Hichcock, tourné l'année précédente. Le film arrive en France en décembre 1964. Il revient en salles le 28 octobre 2026, dans une version restaurée. Une avant-première en a été donnée lors de la clôture du festival Mauvais Tours 2026. Première précision : ce n'est pas une suite. Le nom Hichcock est repris et Barbara Steele est de retour, mais il n’y a pas de lien entre les deux films.
Margaret Hichcock est l’épouse malheureuse du docteur John Hichcock, joué par Elio Jotta, un adepte de l'occultisme. Elle préfère se retrouver dans les bras de son amant, le docteur Charles Livingstone, interprété par Peter Baldwin, qui est aussi le médecin personnel de John Hichcock. Ce dernier sert aussi de cobaye pour tenter de trouver un remède à sa maladie et ainsi prolonger son existence. Sa belle épouse aimerait tant qu’il disparaisse pour mettre la main sur un gros héritage. Mais choisir de jouer avec la mort, signifie en assumer toutes les conséquences.
Ce récit tient plus du thriller que du fantastique. Les codes de l'horreur sont bien là : manoir du XIXᵉ siècle, séances de spiritisme, voix d'outre-tombe… Ils servent pourtant une machination bien réelle. Le scénario est signé Oreste Biancoli, crédité comme Robert Davidson, avec Riccardo Freda. Il enferme ses personnages dans leurs mensonges et laisse peu de place au surnaturel. Si vous vous attendez à voir un spectre, l'intrigue vous réserve une surprise.
Le décor est le grand atout du film. Chaque pièce déborde d'objets, de tentures, de meubles et de bibelots. Les lieux occupent l'écran autant que les acteurs. Presque toute l'action se déroule dans quelques salles du manoir, ce qui donne un rythme lent et une impression d'enfermement. La photographie de Raffaele Masciocchi tire parti de cette densité.
Sur grand écran, la restauration fait ressortir des couleurs franches et des détails que vous ne remarqueriez pas autrement.
Le jeu des acteurs est volontairement appuyé. Les gestes sont amples, les regards insistants, les réactions soulignées. Cette manière rappelle le cinéma muet et s'accorde avec le gothique de l'époque. Barbara Steele en offre la meilleure illustration. Riccardo Freda multiplie les gros plans sur ses yeux, très écarquillés, qui portent à eux seuls l'inquiétude de plusieurs scènes. Son personnage est à la fois épouse infidèle, meurtrière et proie, auquel l'actrice donne un vrai relief.
L'atmosphère est bien là, mais elle reste en dessous de celle des films de la Hammer ou des Universal Monsters. Il manque ici une peur franche, et le suspense repose surtout sur le doute des personnages. Riccardo Freda s'en tire par la maîtrise de ses prises de vue et par l'usage des lieux.
Le Spectre du professeur Hichcock est à voir pour parfaire votre culture en matière de cinéma gothique européen.
Tiphaine et Xavier