Date de sortie en salle : 1980
Date de sortie du coffret blu-ray + DVD + CD bande orginiale du film : 23.04.2026

 

 

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Un film de Lucio Fulci (L’au-delà, Le miel du Diable, Murderock)
Fabio Testi (Le tueur, La poursuite implacable, Big racket)
Ivana Monti (Cinq jours à Milan, Le tunnel sous le monde, Je sais que tu sais)
Scénario : Ettore Sanzò
Musique : Fabio Frizzi
Photographie : Sergio Salvati
Montage : Vincenzo Tomassi
Décors : Franco Calabrese

Durée : 96 minutes
Versions : français, italien
Sous titres : français
Format 1.85 original respecté
16/9ème compatible 4/3
Couleur

Interdit aux moins de 16 ans

Suppléments

Présentation du film par Olivier Père
Entretien avec Fabio Testi
Diaporama d’affiches et de photos
Film-annonce original
Livret 80p de Stéphane Lacombe et Lionel Grenier : 20 nuances de Poliziottesco 
Inclus le CD de la bande originale

Italie - 1980

Mediabook BluRay + DVD + CD (BO du film)

Master 2K restauré

 

 

La Guerre des Gangs titre original Luca il contrabbandiere s'ouvre sur une course-poursuite maritime, entre trafiquants de cigarettes et garde-côtes. L’action est là dès la première image, et elle ne lâche plus. Le film s'inscrit dans la tradition du poliziottesco, ce polar italien urbain et sans concession qui prospérait dans les années 70. Lucio Fulci y apporte sa patte, son angle corrosif : une volonté de repousser toutes les limites, sans jamais perdre le contrôle de son image.

La Guerre des Gangs refuse de rester dans ses propres lignes. Le squelette narratif est celui d'un polar classique : une vengeance personnelle happée par les rouages de la mafia napolitaine, trahisons en cascade, règlements de comptes, etc. Mais Lucio Fulci fait éclater le cadre. Certaines séquences de violence atteignent une brutalité si frontale, si physique, qu'elles auraient leur place dans un film d'horreur. Deux passages basculent dans le comique (notamment l’opération de police dans la vieille ville où tout le monde se fait arrêter, hommes, femmes, nonnes). D'autres scènes tiennent du documentaire social : Naples n'est pas un décor pittoresque, c'est un milieu, avec ses codes, ses silences. La police n'a aucune prise ici. La loi, c'est la mafia qui la rend et qui la subit aussi, puisqu'elle se dévore de l'intérieur. La trahison tire les ficelles du début à la fin.

Ce mélange des tons, c'est une démonstration de savoir-faire. Lucio Fulci sait exactement quand frapper, quand relâcher, quand surprendre. Le film dérange, choque sur les scènes de violence, avec comme paroxysme celles où intervient Le Marseillais (Marcel Bozzuffi) mais toujours entre gens qui ont choisi ce monde-là, qui en connaissent les règles et en payent le prix. D’autant qu’ils sont tour à tour victimes et bourreaux, à l’image de Luca Ajello (Fabio Testi)

La mise en scène est précise et mémorable : la scène ensanglantée sur le lit, la soufrière, la course poursuite avec vedettes italiennes… Chaque plan affirme une intention. Les ruelles étroites de Naples, les boîtes de nuit, les villas luxueuses…. Lucio Fulci impose son angle de vue. La diversité des décors traversés donne presque le tournis. L’action avance toujours, inexorable, et vous laisse des marques (voire des traumatismes) après chaque séquence de violence.

La partition de Fabio Frizzi complète ce dispositif avec une réelle efficacité. Thèmes lancinants, rythmes bien funky et disco. La musique participe à l’ambiance générale du film pour mettre en valeur la vision du réalisateur.

Fabio Testi porte le film sur ses larges épaules avec l’aide de tout le casting, pour une raison simple. Son personnage de Luca Ajello n'est pas un justicier : c'est un homme cassé par la perte, animé d'une rage froide qui le pousse à des décisions de plus en plus risquées. La vulnérabilité affleure sous la dureté, et c'est ce qui rend le personnage crédible, attachant. Lui qui perd tout, bien qu’étant chef mafieux, il n’arrive pas à faire respecter son autorité. Ivana Monti (Adele Ajello) impose une présence magnétique dans un rôle en apparence secondaire : elle navigue entre fragilité et passion. Marcel Bozzuffi (Francois Joaquin dit Le Marseillais), lui, incarne une menace d'une autre nature. Venu de Marseille, froid, ambitieux c’est un véritable psychopathe sadique. Ses scènes installent un danger supplémentaire dans un film qui n'en manquait déjà pas.

L’avertissement d’interdiction aux moins de 16 ans est tout à fait justifié. La Guerre des Gangs va loin, dans tous les sens du terme : dans la violence, dans le cynisme, dans le refus de toute morale. Mais il le fait avec une cohérence esthétique et une maîtrise narrative qui en font bien plus qu'un exercice de genre. Lucio Fulci y révèle sa capacité à construire une atmosphère suffocante sur la durée, à diriger des acteurs avec justesse, et à imposer un regard singulier sur un monde dur. Un film sombre, dérangeant, et remarquablement tenu.

 

Bonus :

Vous trouverez dans ce coffret un CD, avec la bande originale du film composée par Fabio Frizzi.

Entretien avec Fabio Testi.
L’acteur a beaucoup appris de ce film. Tout était authentique. Ce qui donne beaucoup d’anecdotes sur le tournage, sa relation délicate avec Lucio Fulci et ses amitiés avec Ivana Monti ainsi qu'avec Marcel Bozzuffi. Avec une coïncidence surprenante entre le film et la réalité de la lutte de la Camorra à l’époque.

Présentation du film par Olivier Père. 
Olivier Père considère La guerre des gangs comme un film très intéressant, avec des scènes de violences extrêmes. Il propose une rétrospective de la carrière de Lucio Fulci. Puis nous précise que Lucio Fulci dénigrait les films policiers de l’époque. Olivier Père indique que Lucio Fulci a abordé son film avec un traitement subversif et personnel : le réalisateur est un peu comme le personnage de Marcel Bozzuffi. Olivier Père revient sur les scènes très violentes, voire gore, au point de presque pouvoir intégrer selon lui, La guerre des gangs, dans la série de films d’horreur de Lucio Fulci, à savoir L’enfer des zombies, Frayeurs, l’Au delà…
Ensuite Olivier Père analyse le traitement de l’image dans cette atmosphère hivernale de Naples. Et déclare que le traitement de la Camorra dans le film est conforme à la réalité.
Olivier Père termine son intervention par une analyse de différents personnages et parle de leurs carrières. 
 

Dans le livret : Stéphane Lacombe présente 20 films policiers en débutant par Bandits à Milan de Carlo Lizzani (1968) et en terminant par Delitto in formula uno de Bruno Corbucci (1983).
Vous trouverez également une présentation du film par Lionel Grenier, un spécialiste de Lucio Fulci.

 

Xavier