Crows Zero : 2007
Crowz Zero 2 : 2009
Date de sortie du coffret : 24.06.2026

 

https://roboto-films.fr/products/crows-zero-1-2-blu-ray 
https://www.instagram.com/roboto_films 

 

Crows Zero / Crows Zero 2 — coffret Roboto Films

Il y a des lycées où l'on redoute le prof de maths. À Suzuran, on redoute le couloir. Quand Roboto Films réunit dans un même coffret Crows Zero (2007) et Crows Zero 2 (2009), c'est toute une part du cinéma de Takashi Miike qui ressurgit, celle où la rage adolescente devient un art visuel. Le réalisateur, connu pour ses coups d'éclat gores et ses délires les plus fous, choisit ici un terrain plus balisé : l'adaptation, ou plutôt le préquel, du manga culte Crows de Hiroshi Takahashi (plus de 30 millions d’exemplaires vendus au Japon). Ces deux films forment un ensemble cohérent, généreux et frappent fort.

Ce qui se remarque d'entrée, c'est le mouvement de la caméra. Takashi Miike filme les déplacements de groupe comme des marches militaires, colle sa caméra aux basques des personnages, slalome entre les combattants pendant les affrontements. C'est là sa vraie réussite : rendre lisible une bagarre à quarante contre quarante sans jamais transformer l'écran en bouillie. Le réalisateur maîtrise le chaos. 
La pluie n'est pas un simple choix esthétique : elle donne à ces affrontements une texture presque mélancolique, comme si la violence avait besoin d'être lavée pour rester supportable.

Le lycée Suzuran n'est pas qu’un simple décor, c'est un protagoniste à part entière. Ses couloirs délabrés, ses salles de classe vides, ses murs qui portent la trace de décennies de rivalités : tout raconte une histoire avant même que les personnages n'ouvrent la bouche. Le travail sur les décors vous est révélé dans les bonus de Crows Zero, ainsi que la forte impression que fait le bâtiment sur chaque acteur.
Voir des dizaines de lycéens en uniforme noir avancer en bloc vers un affrontement possède une puissance graphique rare, presque hypnotique. On a rarement vu un film live retranscrire à ce point la grammaire visuelle d'un manga avec autant de crédibilité. Tout en respectant les codes graphiques du cinéma. Un lien parfait entre le manga et le 7ème art avec deux films très authentiques et sincères.

Et puis il y a la musique. Les scènes de concert prolongent l'univers graphique de Crows Zero. Le rock saturé, le punk alternatif, le rap, tout cela colle parfaitement à l'énergie du film.

Shun Oguri, dans le rôle de Genji Takiya, incarne une brute au cœur pas si dur qu'il n'y paraît. Son mentor improvisé, Ken Katagiri, joué par Kyôsuke Yabe, est un yakuza raté et attachant qui lui répète sans relâche que la force des poings ne suffit pas à faire un chef. Ce duo donne au film une respiration bienvenue, loin de la testostérone pure. Face à Genji Takiya, Takayuki Yamada incarne à merveille Tamao Serizawa. Un personnage magnétique, taiseux, d'une résistance physique impressionnante.

Les seconds rôles ne sont jamais de la figuration : Tsutomu Takahashi, en Takashi Makise, apporte une touche d’humour notamment avec son incapacité chronique à parler aux filles alors qu'il est increvable au combat. Gô Ayano, en Ryô Urushibara, apporte une vitesse et une grâce féline qui tranchent avec la brutalité ambiante.
On sent, dans les bonus consacrés au tournage, à quel point chaque acteur s'est investi dans son rôle. Cette implication se voit à l'écran : ces acteurs ne jouent pas la colère, ils la portent. Voir Takayuki Yamada se frapper lui-même pour se motiver prouve sa volonté inflexible, à l’image de son personnage.

Ce qui distingue Crows Zero et Crows Zero 2, d'un simple film de castagne, c'est leur capacité à faire évoluer les enjeux sans jamais se répéter. Le premier film se concentre sur la rivalité entre Genji Takiya et Tamao Serizawa, deux visions opposées du pouvoir qui poursuivent pourtant le même rêve : devenir le Roi de Suzuran.

Le deuxième film élargit brutalement le cadre en opposant Suzuran au lycée rival de Hosen, transformant une querelle personnelle en conflit de territoire. Cette bascule fonctionne parce qu'elle ne renie rien de ce qui précède : les anciennes blessures restent là, en toile de fond, et le trône de Suzuran demeure une chimère, un horizon qui recule à mesure que Genji s'en approche.

Ce qui frappe surtout, c'est la manière dont les deux films se répondent : le second enrichit le premier, faisant des anciens ennemis de nouveaux alliés obligés face à une menace commune.

Il faut le dire clairement : personne ne rêve d'étudier à Suzuran, tant les coups y pleuvent au quotidien. Mais cette violence n'est jamais gratuite. Les affrontements se règlent à mains nues, selon une forme de code d’honneur. Chaque coup se mérite, chaque victoire s'accompagne d'un respect pour l'adversaire vaincu. C'est ce qui donne au film sa dimension presque morale : au-delà des ecchymoses, ce qui se joue, c'est un lien entre hommes, un respect mutuel que Takashi Miike évoque lui-même dans l'interview donnée en bonus de Crows Zero 2. Les délinquants pleurent, doutent, se relèvent : sous la carapace et le regard méprisant, ce sont des hommes qui saignent et qui aiment. En aucun cas de simples machines à baffes.

Avec ces deux films, Takashi Miike signe deux œuvres rock, punk, drôles par intermittence et sincèrement émouvantes, portées par un casting totalement engagé et une mise en scène qui ne triche jamais avec son sujet. On y apprend que la vraie force ne réside pas dans la domination, mais dans ce lien fragile qui se noue entre adversaires une fois les poings baissés. 
Deux films qui cognent fort, mais qui laissent surtout une empreinte durable : une fraternité rugueuse dont on a, malgré tout, un peu envie de faire partie, l'espace de quatre heures.

 

Tiphaine et Xavier 

 

 

BONUS CROWS ZERO : 1

Making of : tournage en 2 mois. Le making of vous fait découvrir quelques scènes   de chaque journée de tournage.

À Osaka. Tous les graffitis ont été réalisés à la main. Tout le monde avait l’impression d’être dans le véritable lycée Suzuran
Avec un tournage qui semble se passer dans des conditions de parfaite entente. Avec des conditions climatiques pas toujours évidentes à cause du froid.

Avec le travail de Keiji Tsuji, coordinateur des cascades. Le tournage des scènes de combat n’est pas évident pour les acteurs.
Un travail de décor impressionnant. Avec beaucoup de scènes en extérieur.
La venue de Hiroshi Takahashi (l’auteur du manga) sur le plateau a été un petit événement. Et il revient à la fin du tournage, ce qui donne l’occasion de l’inclure dans une scène : c’est lui qui donne la batte de baseball dorée dans le bar.
 Il y avait aussi SP Nakatema, mangaka spécialiste du Furyo.

Takashi Miike avait une vision claire et précise. Son explication sur ses intentions pour la scène finale est très intéressante à découvrir dans ce making of, car il donne une vraie direction de jeu pour les acteurs.
Il est toujours présent au contact des équipes techniques et des acteurs pour discuter et adapter selon les idées et le ressenti de chacun. Il mime les scènes d’action pour que les acteurs comprennent exactement ce qu’il a en tête afin d’avoir le meilleur rendu possible à l’image.

Deux teasers de Crows Zero I

 

 

BONUS CROWS ZERO : 2

Crows Zero : la jeunesse selon Miike : présentation du réalisateur  et du film par Azz L'epouvantail

Le Furyô par Babilonya, chroniqueuse pop culture, pour bien comprendre ce que représente ce terme et qui englobe toute la délinquance juvénile. Elle retrace toute l’histoire de ce terme et sa traduction dans les mangas et les films. 

Making of : vous voyez une succession de séquences pendant 26 minutes, pour retrouver l’ambiance du tournage, avec les consignes de Takashi Miike sur le jeu d’acteur ou les scènes d’action. Les combats dans le lycée de Suzuran sont presque plus impressionnants sur le making of, car vous voyez les équipes techniques au milieu des acteurs et des cascadeurs, dans des couloirs étroits. Et tout ce monde se frappe avec une précision parfaite. Avec ce making of, vous voyez tout le travail technique de mise en scène

Interview de Takashi Miike : Takashi Miike ne croyait plus au fait de pouvoir réaliser une adaptation du manga. Il partage ses inquiétudes avant le tournage puis ses satisfactions sur la façon dont s’est déroulé le tournage.

Avant-première au cinéma « The Black Premium » avec Ryoko Hoshino, présentatrice du TBS en maitresse de cérémonie.  Où le dress code était d’être vêtu de noir évidemment, en référence aux corbeaux de « Crows Zero ». Pour ceux qui avaient oublié cette consigne, un T-shirt était offert lors de cette avant-première, ils pouvaient tout de suite le porter avant d’accueillir les invités de la soirée, pour avoir un bel effet visuel : une salle tout en noir.
Elle précise que le manga s’est vendu à 32 millions d’exemplaires.
Tous les acteurs sont là, le producteur Mataichiro Yamamoto, le mangaka Hiroshi Takahashi, le réalisateur Takashi Miike et chacun dit un petit remerciement pour le lancement du film.


Teasers et trailers du film pour le cinéma et pour la télévision.