Date de sortie : 2025

 

Réalisation : Simon Glassman

Scénaristes : Allison Bench, Simon Glassman, Elisia Snyder

Casting : Kevin Singh, Ahmed Ahmed, Brandon Vanderwall

 

Buffet Infinity est le premier long métrage de Simon Glassman, humoriste canadien dont les sketchs en ligne cumulent des millions de vues. Le projet naît en 2020 comme court métrage, à partir d'un faux spot publicitaire de trente secondes diffusé sur YouTube. Simon Glassman en tire des centaines de scènes, qu'il écrit, réalise et monte lui-même.

Vous êtes à la place d’un téléspectateur qui zappe de chaînes en chaînes. Les publicités défilent : assurances, vendeurs de voitures d'occasion, religieux du coin, chanteur local. Une guerre commerciale oppose la sandwicherie de Jenny Avery au restaurant Buffet Infinity, qui absorbe les commerces voisins. Un gouffre s'agrandit, des habitants disparaissent, une secte apparaît. Le restaurant finit par sembler doué de conscience.

Le dispositif est cohérent, mais il vous épuise. Tout passe par des spots, des annonces et des bulletins d'information. Le récit se réduit à un zapping où la réalité se dérègle peu à peu. Les parodies de publicité s'enchaînent sans relâche et le procédé ne varie presque jamais. L'idée amuse quelques minutes, puis elle tourne à vide. Vous cherchez l'intérêt de l'exercice, sans jamais le trouver. Le thème du synopsis reste flou. Le lien entre le buffet, le gouffre et les disparitions n'est jamais clairement établi.

L'image imite la vidéo VHS usée des années 1980 : jaune fast-food criard, néons fatigués, parkings détrempés. Les décors collent à la publicité locale à petit budget. Mais le même gag revient en boucle, et le gouffre, menace centrale, reste une abstraction. Le son avec ses jingles saturés, les voix de présentateurs, les nappes de synthétiseur et bruit blanc composent une sorte de mauvais rêve. Cela ne mène nulle part. Les silences ne créent aucune angoisse.

La distribution réunit une vingtaine d’interprètes, souvent des visages ordinaires. Leur jeu est volontairement crispé. Il ne provoque ni malaise ni rire. Les personnages restent des silhouettes de spots, et les dialogues se limitent à des slogans. Vous ne vous attachez à personne, tout passe si vite

La mise en scène repose sur des cadres fixes, de faux plateaux télé et des coupes brusques. Le montage avec son rythme haché est éprouvant, comme si la fatigue du spectateur faisait partie du programme.

Le film se veut une expérience hypnotique. Il reste un exercice de style sans propos, trop long de plusieurs dizaines de minutes. Vingt minutes auraient suffi pour développer l'idée.

Tiphaine et Xavier