
Date de parution : 18/02/2026
Editeur : Hachette Romans
https://www.hachetteromans.fr/une-saison-pour-mourir
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Auteur |
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Traducteur |
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Catégorie(s) |
Suspense |
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Nombre de pages |
352 |
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EAN |
9782017343578 |
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Prix du format papier |
19,00 € |
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EAN numérique |
9782017334439 |
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Prix du format numérique |
13,99 € |
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Date de parution |
18/02/2026 |
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Code article |
1350742 |
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Format |
135mm x 215mm |
Sous un soleil de carte postale, les sourires peuvent tuer. P. C. Roscoe l'a bien compris, elle qui installe son premier roman sur l'île privée de Mokani, terrain de jeu ultra-exclusif de familles fortunées persuadées que l'argent constitue une armure infaillible. Publié chez Hachette Romans et traduit par Luc Rigoureau, Une saison pour mourir s'ouvre sur une promesse brutale : quelqu'un va mourir. Le reste du livre nous explique, avec une jubilation tranquille, comment on en est arrivé là.
Le décor est somptueux, presque indécent. Spa, champagne, villas surplombant une mer turquoise… Mokani ressemble à un paradis, mais fonctionne comme un piège. Dans cet écrin trop parfait, les tensions montent entre Avery Finch et son entourage. À commencer par Hugo, un ex incapable de tourner la page, et Sydney cette meilleure amie aux comportements de plus en plus opaques. Puis Leo qui était estivant parmi eux, mais qui est désormais employé en tant que serveur, car son père est le chef cuisinier de cette île. Ce changement de statut redistribue silencieusement les cartes du pouvoir. Et aussi il y a Nora, colocataire d'université venue en invitée, dont la curiosité dérange. P C Roscoe fait le choix astucieux de ne jamais lui accorder le rôle de narratrice : on ne la perçoit qu'à travers les regards des autres, ce qui transforme chacune de ses apparitions en zone d'incertitude. Alliée ou menace ? Le roman se plaît à ne pas trancher trop vite.
La structure narrative joue sur plusieurs points de vue : Avery, Hugo, Leo, qui se complètent, se contredisent, se court-circuitent. Chaque personnage détient un fragment de vérité, aucun n'en possède la totalité. Cette mécanique génère une tension diffuse, moins spectaculaire qu'un coup de feu, mais bien plus poisseuse, comme une sorte de nœud coulant : vous percevez la pression qui monte sous la surface lisse des conversations mondaines, dans un rire un peu trop appuyé, un regard fuyant, un silence qui s'étire. La tricherie aux examens, la ruine financière soigneusement dissimulée, l’adultère tenu secret : les secrets s'accumulent aussi bien du côté des adultes que de leur progéniture faussement innocente. Chacune de ces informations devient une potentielle arme, un moyen de chantage ou pire, entre de mauvaises mains.
Ce que P C Roscoe ausculte, au fond, c'est la fragilité de ces façades sociales que l'on prend pour des certitudes. Ses personnages ne sont pas simplement arrogants, ils sont terrifiés. Terrorisés d'être vus, démasqués, déclassés. Cette peur sourde traverse le roman de part en part et lui donne une profondeur bien sombre. La lutte des classes s'incarne dans les détails : Leo, en uniforme, sert ceux qu'il côtoyait hier en égal. Cette inversion dit plus long que n'importe quel discours.
Le style de l'autrice accompagne parfaitement cette mécanique. Fluide, précis, sans complaisance. Tout avance par touches successives. Les indices sont distillés avec une économie redoutable. Vous ne pourrez reconfigurer l'ensemble qu’une fois que vous aurez reçu les toutes dernières informations de l’épilogue. Dans Une saison pour mourir, pas d'effet théâtral : juste des indices inscrits dans chaque page sans que vous l'ayez vu venir.
Une saison pour mourir est comme un thriller young adult bien solide, tendu et plus malin qu'il n'y paraît. Parfait si vous aimez les récits où le vrai danger porte un visage familier.
Xavier