Avec Nowhere Speaks, EMPTINESS plonge dans une dimension dépouillée de toute trace humaine, un lieu régi par sa propre logique silencieuse, où des forces et des énergies inconnues se meuvent avec une intention qui n'a rien à voir avec l'auditeur. L'album ne raconte pas ; il confronte. Son morceau d'ouverture, « Nothing But The Whole (Part 2) », débute au milieu d'un riff, reprenant exactement là où Nothing But The Whole (2014) s'était arrêté, cette fin abrupte qui a déconcerté les fans pendant des années et est devenue l'un des gestes les plus commentés du metal underground. Le dernier morceau de Nowhere Speaks reprend ensuite le riff d'ouverture de ce même album de 2014, bouclant une boucle délibérée entre les deux albums, commençant et se terminant l'un dans l'autre. C'est l'idée centrale du groupe érigée en structure : le néant et le tout simultanément, un cycle sans point fixe. Après le retrait brutal de Vide (2021), sans distorsion et chanté en français, voici un retour à la densité, au poids et à l'intensité immersive, enregistré en direct en studio après quatre ans de préparation, et totalement indifférent au confort de l'auditeur.
Fondé à Bruxelles en 1998, EMPTINESS s'est lancé avec une intention claire et sans compromis : explorer les ténèbres non pas comme une esthétique, mais comme un territoire. Puisant dans le black et le death metal comme points de départ plutôt que comme destinations, le groupe a abordé la musique extrême avec une orientation expérimentale dès ses débuts, façonnant un son qui se refusait à toute classification facile. Leurs premières démos leur ont permis de se faire connaître dans l'underground, et leur accueil a confirmé qu'un mouvement singulier était en train de se former dans la capitale belge.
Leur premier album, Guilty to Exist (2004), a posé les fondations, établissant l'identité du groupe sans pour autant révéler pleinement son potentiel. C'est avec Oblivion (2007) que ce potentiel s'est pleinement manifesté : un album d'une production d'une profondeur exceptionnelle, un jeu de guitare magistral et une atmosphère pesante qui en ont fait, rétrospectivement, l'une des sorties metal les plus marquantes de l'année.
Error (2012), sorti chez Dark Descent Records, a poussé plus loin la dissolution et l'atmosphère, sacrifiant la clarté structurelle au profit de l'immersion. Menace, dissonance et implacabilité, cet album a ouvert la voie à la suite.
Nothing But The Whole (2014) est l'album qui a permis à EMPTINESS de toucher un public critique plus large et reste leur œuvre la plus commentée et la plus appréciée de cette première phase. Étrange, hypnotique et formellement affranchi des conventions du genre, il conservait la force brute du metal extrême tout en en dépouillant les mécanismes, laissant la texture, l'angoisse et le silence prendre le pas sur les blast beats et le tremolo picking. Son final, un riff interrompu en plein milieu d'une phrase comme si le disque avait tout simplement cessé d'exister, a alimenté des années de spéculations chez les auditeurs. Ce n'était pas une erreur. C'était une promesse non tenue.
Not For Music (2017), le premier album du groupe chez Season of Mist, a marqué une rupture radicale. S'éloignant complètement des structures du metal extrême, l'album puisait dans le goth rock, la coldwave, l'indus et le post-punk, explorant une palette de musique sombre qui semblait pleinement incarnée plutôt qu'empruntée. Enregistré au Blackout Studio bruxellois, le disque a été finalisé avec la participation de Jeordie White (MARILYN MANSON, A PERFECT CIRCLE, NINE INCH NAILS), le mixage et le mastering étant assurés par Sean Beavan (GUNS N' ROSES, NIN, SLAYER). L'album a ainsi conquis un public bien au-delà du monde du metal, confirmant la place d'EMPTINESS parmi les groupes les plus prometteurs de différentes scènes.
Vide (2021) a propulsé le groupe vers son apogée formelle. Enregistré en isolement, entre appartements, cabane en forêt et toit-terrasse bruxellois, entièrement chanté en français et sans distorsion, il s'agissait d'un document claustrophobique sur le confinement et la dislocation perceptive. Le contexte mondial environnant n'a fait que renforcer le contraste entre le monde intérieur en construction et le monde extérieur. EMPTINESS a interprété l'album dans son intégralité au Roadburn Redux 2021, une performance qui a confirmé leur place au sein de la scène underground avant-gardiste et expérimentale avec une précision inégalée.
Vide (2021) Depuis leurs débuts, EMPTINESS fonctionne ainsi : Jérémie Bézier assure la production dans son intégralité, Olivier J.L.W. la direction artistique. Son et image sont conçus, façonnés et finalisés de l'intérieur. Nowhere Speaks s'inscrit dans cette continuité, comme toujours.
Nowhere Speaks n'est pas un retour aux sources. Après l'album le plus introspectif et solitaire de leur carrière, le groupe s'ouvre sur une densité et une intensité live décuplées. Fruit d'un long travail, l'album a été composé par Jérémie Bézier et Olivier J.L.W., qui en supervisent la production sonore et visuelle, aboutissant à un ensemble cohérent, enregistré en live en studio. Le choix structurel de reprendre le riff d'ouverture de Nothing But The Whole et de conclure avec le riff d'ouverture de ce dernier n'est pas un artifice nostalgique. Il s'inscrit dans la logique même qui a toujours guidé EMPTINESS : un cycle sans point fixe, un commencement et une fin imbriqués, le néant et le tout à la fois. Le groupe a passé des années à démontrer qu'il ne suit pas une trajectoire linéaire. Nowhere Speaks s'inscrit dans la continuité d'un point que l'auditeur ne se devait pas d'oublier.
Line-up:
Jérémie Bezier — Vocals, Bass
Olivier J.L.W. — Guitars
Simon L. — Guitars
Dea Hydra — Synths
Laye Louhenapessy — Drums
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