Interview de Lille Gruber, batteur du groupe, enregistrée lors de leur venue au Hellfest 2026. Lien compte rendu du concert :
pour télécharger l'interview : itw.Defeated.Sanity.20.06.2026-Hellfest.mp3
Traduction automatique :
L'Autre Monde
Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez L'Autre Monde, et nous sommes au Hellfest avec le groupe Defeated Sanity, en compagnie de Lille, batteur du groupe. Salut, ravi de te rencontrer.
Lille Bruger
Salut, ravi de te rencontrer.
L'Autre Monde
Ton avis sur le Hellfest et de votre concert ?
Lille Bruger
C’était génial. Pour nous, jouer dans un grand festival comme celui-ci, c’est quelque chose de différent. Ici, il y a un public plus orienté vers le metal « conventionnel ». On se demandait un peu comment les gens allaient réagir. C’était assez drôle quand Opeth disait hier : « J’espère que vous allez comprendre ce qu’on fait. » Nous aussi, on espérait que les gens comprennent ce qu’on fait. Mais oui, c’est vraiment une super expérience.
L'Autre Monde
Vos compositions débordent de complexité technique et de changements de tempo abrupts. Comment trouvez-vous l’équilibre entre cette virtuosité débridée et la création d’un impact émotionnel fort chez l’auditeur ?
Lille Bruger
Je pense que l’émotion et le ressenti doivent passer en premier. C’est difficile d’expliquer pourquoi nous avons choisi cette voie très virtuose, mais je crois que c’est parce que beaucoup d’autres groupes peuvent faire des choses simples, et qu’il existe déjà énormément de riffs qui ont été écrits. Tous les schémas classiques existent déjà. Nous essayons de trouver des choses qui n’ont pas été écrites vingt mille fois auparavant. C’est notre seule chance de faire quelque chose de vraiment neuf, ou du moins la seule manière que nous avons trouvée de créer quelque chose qui nous satisfasse réellement. Et c’est ce que nous voulons faire.
L'Autre Monde
Dans votre style, qui mêle technicité et brutalité, comment parvenez-vous à insuffler une forme de beauté dissonante, si l’on peut dire cela ainsi, dans votre son ?
Lille Bruger
Je ne sais pas… Si tu parles de dissonance, j’ai en fait étudié la musique. Si l’on veut vraiment travailler la dissonance, je pense qu’il faut se plonger dans la théorie musicale. Pour moi, il est très important de connaître certaines techniques atonales et ce genre de choses. Des gens comme Stravinsky, Schoenberg ou Messiaen ont inventé des systèmes complètement fous. J’ai l’impression que beaucoup de musiciens utilisent la dissonance de manière assez simple, parfois trop instinctive, et je ne sais pas si cela reste durable à long terme. Ce qui leur semble dissonant fonctionne peut-être sur le moment, mais il est très utile d’avoir une vraie connaissance du sujet. Ces compositeurs empilaient plusieurs dissonances simultanément, à un niveau extrêmement élevé. J’aime comprendre ce genre de choses en profondeur.
L'Autre Monde
Il y a aussi quelque chose de presque mathématique dans votre musique. Vos riffs sont très structurés. Avez-vous une manière particulière de penser lorsque vous composez ? Existe-t-il une recette spécifique pour Defeated Sanity, ou est-ce simplement une question de ressenti combiné à votre maîtrise des « maths » musicales ?
Lille Bruger
Ça peut sembler ennuyeux pour beaucoup de gens, mais pour moi c’est très clair. Comme je le disais, je connais très bien ce que j’aime. Quand tu connais tes gammes, les douze notes de la musique et les intervalles entre chacune d’elles, tu finis par comprendre ce que tu préfères. Voilà la recette. Elle s’est construite au fil des années, des décennies même, grâce à énormément de travail. C’est pareil pour le rythme. Bien sûr qu’il y a beaucoup de ressenti, surtout au début, et je n’ai jamais perdu cet aspect-là. Mais quand je me suis plongé dans la théorie, je me suis dit : la théorie n’est qu’une façon de nommer ce que l’on ressent. Au fond, c’est la même chose. La vraie recette, c’est de savoir précisément ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas. J’ai presque des règles personnelles : « ce groove-là, je ne le veux pas », « cette harmonie-là, je ne l’aime pas ». Ça m’arrive souvent d’écouter des groupes que j’adore et de penser : « Ah, j’aurais préféré qu’ils ne fassent pas ça. » Mais c’est leur groupe. Dans le mien, je peux dire non. Même si un guitariste me joue un riff excellent, il peut y avoir une seule note que je n’aime pas. Alors je demande : « On peut changer cette note ? » C’est comme ça que je fonctionne.
L'Autre Monde
Votre manière de composer a-t-elle changé avec le temps ? Travaillez-vous toujours autant à l’oreille ? Utilisez-vous un clavier, du papier, une guitare… comment procédez-vous aujourd’hui ?
Lille Bruger
En réalité, tout part toujours beaucoup de l’oreille. Mais quand je joue, j’ai la théorie en tête. Je n’écris rien sur papier et je n’ai même pas besoin d’un clavier, même si le piano est probablement le meilleur instrument du monde parce que tout y est visible : la théorie est littéralement sous les yeux. Les pianistes ont souvent une grande compréhension du système musical occidental parce qu’il est très facile à visualiser sur cet instrument. Mais oui, l’instinct est toujours là, parce que c’est comme ça que j’ai commencé à faire du metal et à composer. Aujourd’hui, cet instinct cohabite avec la théorie. Et comme je le disais, je cherche constamment des choses que les autres n’ont pas faites. Dans le brutal death, par exemple, tout le monde utilise certains plans ou certains « squeals ». Tout le monde sait les jouer, tout le monde les fait. Alors peut-être que sur le prochain album, je n’aurai pas envie d’utiliser ça. J’aurai envie de faire autre chose.
L'Autre Monde
Quand j’écoute vos morceaux, j’ai l’impression que les solos poussent encore plus loin la puissance et la vitesse. Les morceaux sont déjà extrêmement rapides, mais les solos semblent aller encore plus loin. Comment est-ce possible ? Est-ce une question de tempo, de mélodie ?
Lille Bruger
C’est peut-être justement pour ça que nous n’utilisons pas tant de solos que ça. Sur le dernier album, il y a juste un petit passage intermédiaire où Vaughn improvise quelque chose. Parfois, le solo n’est même pas la partie la plus rapide. L’intérêt est ailleurs : dans la manière de faire évoluer l’harmonie, dans l’intelligence du phrasé. Mais je vois ce que tu veux dire. Avec Necrophagist déjà, on avait un peu ce phénomène : si tous les riffs ressemblent déjà à des solos, alors le solo lui-même devient peut-être moins spectaculaire.
L'Autre Monde
Au-delà de l’aspect technique, quelle place le groove occupe-t-il dans votre musique ?
Lille Bruger
Une place énorme. J’ai grandi avec le metal, mais aussi avec le jazz fusion, un peu de musique classique, et surtout avec le hardcore. Pas forcément le vieux hardcore punk, mais plutôt les groupes straight edge du milieu des années 1990, très groovy et très métalliques. Cette influence se retrouve énormément dans notre musique, même si les gens ne s’en rendent pas toujours compte. Le groove joue un rôle essentiel chez nous.
L'Autre Monde
Pour ce Hellfest, avec un temps de jeu assez court, comment avez-vous choisi la setlist d’aujourd’hui ?
Lille Bruger
Honnêtement, ça ne fait pas très romantique à dire, mais nous n’avons eu aucune répétition pour ce concert. Aucune. Heureusement, nous sortions tout juste d’une tournée. Et comme nous avons beaucoup de projets en cours, nous n’avions pas d’autre choix que de sélectionner des morceaux que nous jouions déjà. Mais il y avait une chanson que nous voulions absolument inclure : un titre de l’album Sanguinary Impetus que nous n’avions jamais joué en Europe. On s’est dit qu’il fallait enfin le jouer ici pour la première fois.
L'Autre Monde
Tu dois faire un choix : tu es invité à cinq célébrations d’anniversaire qui ont toutes lieu le même soir. Tu dois choisir entre les 30 ans de Scream, les 40 ans de The Legend of Zelda, les 50 ans du roman Entretien avec un vampire d’Anne Rice, les 40 ans de l’animé Dragon Ball, ou les 60 ans de Star Trek pour la première diffusion de la série. Lequel choisis-tu ?
Lille Bruger
Scream est un film horrible. Je le déteste vraiment. Zelda, je ne joue même pas aux jeux vidéo. Entretien avec un vampire… je n’aime pas les vampires quand ils ne sont pas dans le style traditionnel, old school. Moi, je vais plutôt vers Dracula de Bram Stoker, la version de 1992. Dragon Ball, c’est encore pire, ce n’est pas mon truc. Donc parmi tout ça, je choisis Star Trek. J’aime beaucoup Star Trek, même si je préfère quand même Star Wars.
L'Autre Monde
Un dernier mot pour vos auditeurs français ?
Lille Bruger
Nous reviendrons en 2027 et nous jouerons un concert anniversaire. Puisqu’on parle d’anniversaires… En 2007, il s’est passé quelque chose. Disons simplement ça. Nous voulons organiser une tournée spéciale autour de cet événement. Donc oui, ça arrivera bien en 2027.
L'Autre Monde
Merci beaucoup.
Lille Bruger
Merci.