Date de parution : 20.11.2024
Editeur : Delcourt
Collection : Contrebande
EAN : 9782413085560
Dimensions : 19 x 28.5 x 1.4 cm
Nombre de pages : 72
Avec Petits contes macabres, nous partons à la rencontre de quatre auteurs de renom dans le domaine du fantastique. Eric Powell, est un virtuose du grotesque et de l’humour noir, connu pour The Goon. Mike Mignola, légende du gothique, a sculpté l’enfer avec Hellboy. Becky Cloonan (Batman, Somna), apporte une poésie sombre. James Harren (Ultramega), vous emmène dans l’espace où personne ne peut vous entendre crier. Enfin, Dave Stewart, magicien des couleurs, enveloppe chaque planche d’une palette hypnotique, entre instants suspendus, détresse livide et éclats gothique. Un casting de rêve pour une nuit de cauchemars.
Imaginez : une maison, un soir de réveillon de Noël, et quatre auteurs, misanthropes et vaniteux, réunis malgré leur haine mutuelle. Eric Powell, en conteur diabolique, orchestre cette rencontre où les egos surdimensionnés et les rancœurs s’entre-dévorent. C’est dans ce cadre que naissent les Petits Contes Macabres : quatre histoires autonomes, liées par l’esprit grinçant et torturé de leurs créateurs. L’ensemble oscille entre la comédie mordante et l’horreur classique, avec une pointe de folie victorienne, sans oublier quelques monstres qui viendront vous hanter. À lire avec une lampe de poche, sous la couette ou éclairé(e) à la bougie, en priant pour que le vent ne souffle pas trop fort.
1. « Les Yeux dans l’Obscurité Primordiale » (Eric Powell & James Harren)
Eric Powell signe un récit d’exploration maudite, sublimé par le trait brut de James Harren. Une expédition scientifique part dans l’espace. Mais une découverte rappellera aux lecteurs que certaines frontières ne devraient jamais être franchies. Entre claustrophobie et folie lovecraftienne, chaque case suinte la terreur primitive.
2. « Le Kelpie » (Becky Cloonan)
Becky Cloonan plonge dans les légendes avec une mélancolie envoûtante. Dans un coin reculé de campagne, une jeune femme rencontre un cavalier noyé aux intentions ambiguës. L’eau, élément central, devient personnage à part entière, tandis que le dessin minimaliste de Becky Cloonan danse entre douceur et cruauté. Un conte de sirènes… dans une version cauchemardesque.
3. « La Nuit du Jabberwock » (Mike Mignola)
Mike Mignola rend hommage à Lewis Carroll via sa vision gothique. Dans un village hanté par une créature infernale, un homme va affronter l’indicible. Géométries anguleuses, ombres menaçantes, orthographe décalée et un monstre qui semble tout droit sorti d’un grimoire alchimique. Du pur Mike Mignola.
4. « Le Cadeau du Major Courtenay » (Eric Powell)
Eric Powell clôt le recueil avec une fable fantastique. Un officier britannique orgueilleux n’est pas revenu seul de son périple en Afrique. Cette courte histoire joue avec les codes du récit fantastique classique, tandis que Dave Stewart joue sur les niveaux de gris avec un effet d’aquarelle.
Chaque histoire est un hommage aux grands courants du fantastique, y compris la réunion des auteurs pour créer des histoires en référence à la création de Frankenstein et de Dracula. L’esthétique victorienne règne en maître : redingotes, lampes à huile, manoirs décrépis et explorateurs en quête de gloire maudite. Le gothique transpire dans les architectures, les forêts torturées, les créatures à la fois repoussantes et attirantes. Avec une petite pointe de steampunk sur la première nouvelle, Les Yeux dans l’Obscurité Primordiale. Dave Stewart, en alchimiste des couleurs, alterne entre des teintes froides (bleus nocturnes, gris de plomb) et des éclats de jaune maladif ou de pourpre violent.
Petits Contes Macabres est une pépite pour ceux qui aiment frissonner avec élégance. Les récits, bien que brefs, sont d’une densité remarquable, portés par des dialogues acérés et des visuels qui marquent. C’est aussi un hommage malicieux aux rivalités artistiques : ces quatre auteurs, aussi talentueux que susceptibles, nous rappellent que la meilleure inspiration naît parfois… de la haine. Alors, installez-vous près de la cheminée, éteignez les lumières et laissez ces pages vous murmurer des secrets fort sombres. Ainsi, votre lecture et votre imagination vous emmèneront aux portes de l’angoisse.
Xavier