
Date de sortie : 28.08.2026
Label : Republic Records
01 Ritual
02 Perfect Daughter
03 Everything's Falling
04 Why Do You Like It When I Cry ?
05 Bite My Tongue
06 Kill Or Be Killed
07 Ego
08 Bloodsport
09 Break
10 Bruises
11 Waste Your Time On Me
12 Kerosene
https://thewarning.lnk.to/EverythingsFallingID
Le retour de The Warning frappe fort. Trois ans après Keep Me Fed, le trio mexicain formé par les sœurs Dany, Pau et Ale livre avec Everything's Falling, paru le 28 août 2026 chez Republic Records, un disque qui s’impose immédiatement.
Ritual ouvre le bal sur un rock massif, alternant coups de fouet et passages plus aériens : l'entrée en matière a de l'allure et pose immédiatement des bases très solides pour ce que vous allez entendre sur l’ensemble de l'album. Le texte plonge dans une spirale obsessionnelle, une fixation sur la mort et la décomposition que la narratrice s'inflige presque comme un cérémonial.
La suite confirme cette ambition de contraste. Perfect Daughter joue sur les écarts de dynamique : couplets réduits à la voix et à une guitare ou une batterie lointaine, refrain porté par un riff puissant et une voix doublée qui donne du relief au chant. Un blanc de deux secondes précède la reprise du morceau et produit un effet explosif quand la musique revient. Le texte règle ses comptes avec un regard parental jamais satisfait, une fille qui donne tout sans jamais atteindre l'exigence qu'on lui impose.
Everything's Falling, démarre à la guitare acoustique avec un chant clair avant que la déferlante rock ne revienne comme une vague sur le refrain. Une orchestration discrète en fond, quelques touches de chant ou de guitare, donnent de la consistance au son de cette chanson jusqu’aux dernières mesures où se retrouvent seuls le piano et la voix. Le texte y décrit une identité qui se délite, une question qui revient en boucle sur ce qu'il reste à perdre quand tout s'effondre autour de soi.
Le travail de mixage est remarquable sur Why Do You Like It When I Cry, où les couches sonores s'entremêlent et le chant navigue entre premier plan et arrière-plan pour renforcer l'impact du morceau. Les paroles décrivent une relation toxique où l'autre semble tirer plaisir de la souffrance infligée, la narratrice se sentant traquée sans répit.
Bite My Tongue déploie une énergie portée par les riffs de guitare et de basse, avec des variations sur le chant qui se remarquent et donnent du piment à cette chanson. Le texte évoque la retenue face à un entourage qui scrute la moindre faille, ce choix de se taire plutôt que de céder à la provocation.
Kill Or Be Killed adopte un son brut et sec, basse et guitare qui craquent, un groove entraînant qui accompagne un texte sur la métamorphose en version plus dure de soi-même, façonnée par ce que les autres ont fait subir.
Ego change de registre : le chant en espagnol impose un phrasé syncopé, appuyé par des riffs déchirants et quelques cris de rage, pour un texte qui revendique l'assurance et le refus de se laisser sous-estimer.
Deux titres offrent un répit dans la charge. Bloodsport reste léger et rebondissant, porté par la basse et les frappes de batterie, avec des paroles qui transforment la relation amoureuse en épreuve de force où l'engagement se prouve par le sacrifice.
Break installe une ambiance folk-rock traversée d'un solo de guitare tout en douceur, sur un texte qui tourne en rond dans une relation à bout de souffle et qui espère presque la rupture pour en finir.
Bruises retrouve l'intensité du début de l’album : basse ultra-solide, breaks qui lorgnent vers la samba, une construction soignée qui dénonce les coups dissimulés sous des dehors irréprochables.
Waste Your Time On Me relance la machine avec une vraie urgence, une énergie qui donne envie de sauter partout, sur des paroles qui interrogent la dépendance affective et ce besoin de se sentir exister à travers le regard de l'autre.
Kerosene referme l'album sur une explosion rock, agressive et affirmée, véritable hymne qui pointe du doigt l'imitation et l'absence d'authenticité chez ceux qui copient sans jamais assumer leur propre voix.
Le son de The Warning gagne en texture et en ampleur avec des très beaux arrangements. The Warning garde son identité de trio féministe aux guitares affûtées, forgée par et pour le live. Everything's Falling s'inscrit dans cette trajectoire ascendante du groupe, avec un travail d'orfèvre sur les riffs et l'orchestration, capable de ménager des moments de délicatesse au milieu du véritable bulldozer sonore qu’est le trio.
Un disque électrique à souhait qui promet de mettre le feu aux scènes où le trio se produira dans les mois, les années à venir.
Xavier