
Date de sortie : 25.09.2026
Label : Napalm Records
SKÁLD are:
Christophe Voisin Boisvinet – Percussion, Nordic Fiddles, Harp, Horn, Vocals, Programming
Marti Ilmar Uibo – Percussion, Lyre, Kannel, Whistles, Jaw Harp, Vocals
Steeve Petit – Percussion, Vocals
Marie Potosniak – Fiddles, Vocals
Guillaume Levy – Irish Bouzouki, Citole, Gudok
Nathalie Lemoye-Voisin – Vocals
Ravn – Moraharpa
Michel Abraham – Vocals
Eyline Uibo – Vocals
SKÁLD online:
WEBSITE
INSTAGRAM
FACEBOOK
NAPALM RECORDS
Ørlǫg tracklisting:
1 Draumakona
2 Myrkviðr
3 Ratatoskr
4 Dǫkksalir
5 Útgarðr
6 Ek skal riða
7 Himinbjǫrg
8 Heiemo og Nykkjen
9 Veit barnit
10 Eldr ok íss
https://youtu.be/JjvHb3rmI_w?si=sU1hcFTYq1dpPW9x
Ørlǫg, comme les autres productions de SKÁLD s’écoute avec un vrai plaisir. Le titre, en vieux norrois, désigne la loi originelle, cette trame cosmique qui relie chaque être aux actes du passé et façonne l’avenir. Les ambiances restent anciennes et rituelles. Et pourtant le son de SKÁLD évolue. Les instruments anciens à cordes donnent au disque une sonorité unique. Christophe Voisin Boisvinet mène ce néofolk à la fois ethnique, rituel et dansant de mains de maître.
Le chant féminin occupe le devant de la scène. Draumakona (la femme de rêve) vous emporte d’entrée et raconte l'histoire de la reine Ragnhildr, une femme dotée d'une grande sagesse et d'un don particulier pour interpréter les rêves. Les Nornes lui accordent la capacité de connaître les événements à venir.
Elle parcourt les neuf mondes et les chemins d'Yggdrasil sous l'apparence d'une sorcière. Elle possède ainsi une connaissance du monde que les autres ne peuvent atteindre. Myrkviðr assombrit le décor : le chant masculin, puissant, à la frontière entre voix claire, saturation et chant de gorge, pendant que des échos féminins dynamisent un tempo bien marqué qui vous conduit au cœur d’une forêt brûlée. La chanson évoque une immense forêt située autour d'Uppsala, où cohabitent autrefois les animaux, les elfes et les hommes.
Mais les hommes entreprennent de couper les arbres. Les elfes dénoncent cette destruction et réclament leur forêt. Le récit se termine par une vision apocalyptique : la forêt et la lande de Myrkviðr sont réduites en cendres, tandis que les nuages pleurent du sang.
Ces deux titres restent dans les habitudes du groupe.
Ratatoskr montre la voie nouvelle : le chant féminin tout en finesse, puis le chant de gorge et des cris en fond. Un morceau qui prend aux tripes et à l’âme. Un titre qui propose l'histoire de Ratatoskr, l'écureuil qui parcourt le frêne Yggdrasil. À ses deux extrémités vivent un aigle et le serpent Níðhöggr. Incapables de se rencontrer, ils communiquent indirectement par l'intermédiaire de Ratatoskr, qui transporte leurs paroles et leurs insultes.
Mais l'écureuil ne se contente pas de transmettre les messages : il aime semer la discorde entre les deux créatures.
Sur Dǫkksalir, un tempo puissant et les notes légères des cordes installent une ambiance dansante. Vous rencontrez ici le monde marin comme territoire mystérieux, dangereux et surnaturel. La chanson joue sur la peur de l'inconnu et sur la fascination exercée par les profondeurs, un univers qui échappe totalement au contrôle des hommes.
Útgarðr joue les contrastes, chant masculin dur contre vocalises féminines, sur un tempo calme qui tend pourtant l’atmosphère. Quand les voix se rejoignent en chœur, une vague de son vous submerge. Útgarðr est présenté comme une région située aux confins du monde, loin de Miðgarðr et de la lumière des dieux. C'est une terre désolée et corrompue, dominée par les géants et habitée par les bannis.
Ek skal riða s’ouvre sur une intro solennelle, la voix est parlée (et pas chantée), des sons de branches ou d’os qui frottent. Le rythme hypnotique et le chant répété évoquent des chants de travail d’esclaves. Une Valkyrie chevauche les airs et les océans. Elle est capable de voyager entre les mondes et de connaître les chemins d'Yggdrasil.
Elle annonce qu'elle chevauchera lorsque les dieux seront morts. Elle empruntera alors des routes rougies et les ponts célestes, sur son cheval pâle, en direction de l'ouest.
Himinbjǫrg accélère le tempo et multiplie les voix, pour une danse au cœur du vent, ce qui convient à la demeure de Heimdall. Himinbjǫrg est la demeure de Heimdallr, le gardien des dieux, située à l'extrémité du pont Bifröst. Depuis cet endroit, il surveille le passage entre les mondes et protège le pont contre les géants des montagnes. Il est présenté comme une sentinelle éternelle, toujours en éveil, chargée de défendre l'accès au royaume divin. Heimdallr incarne la figure du gardien qui ne peut jamais abandonner son poste, car la sécurité des dieux dépend de sa surveillance.
Heiemo og Nykkjen reprend l’ancienne histoire d’un esprit aquatique malveillant charmé par le chant de Heiemo. L’ambiance sombre fonctionne à merveille, et les bruits de nature en fin de morceau la parachèvent. La confrontation entre le monde humain et le monde surnaturel, autour de la séduction, du désir et de la trahison.
Le récit joue sur le contraste entre l'apparente légèreté des chants et la violence de son dénouement. Car la rencontre tourne mal : Heiemo finit par poignarder l'esprit des eaux en plein cœur.
Veit barnit (l’enfant sait) est une belle danse. Au milieu des vocalises, se glissent des mots d’enfants, avec des vocalises avec une musique entraînante. Venez danser.
Eldr ok íss (feu et glace) donne aux percussions une place de choix, le chant en retrait. Les bruits des éléments montent en fin de morceau, qui se termine sur 30 secondes de silence.
La chanson raconte la naissance du monde selon la cosmogonie nordique.
Au commencement, deux forces opposées existent : Múspell, royaume du feu au sud, et Niflheimr, royaume du froid et de la glace au nord. Entre les deux se trouve Ginnungagap, le vide primordial. Lorsque le givre rencontre la chaleur, il fond et donne naissance aux premières gouttes d'où surgit la vie.
La création du monde se fait par la rencontre des forces opposées. Le feu et la glace ne sont pas uniquement des éléments antagonistes. Leur rencontre devient la condition nécessaire à l'apparition de la vie.
Un album envoûtant qui vous fait voyager à travers l’espace et le temps. Le groupe honore son héritage nordique et ouvre des portes inédites, avec la voix féminine pour guide. Le fil conducteur est celui du destin et de l'équilibre des mondes
SKÁLD ouvre un nouveau chapitre de son néofolk avec Ørlǫg, notre joie est immense.
Xavier
https://youtu.be/jYI8crJCZbI?si=NnjHWYUlWxEj2eIm
https://youtu.be/R3CrS5NpjAI?si=5rgYISnrwOedfPzE