
Date de sortie : 20.02.2026
Label : Prophecy Productions
Tracklist
1. Aba Khan
2. Taiga
3. Totem
4. Uitag
5. Mansi
6. The Oath
7. Prayer
8. Tygir Tayii (Heavenly Sacrifice)
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Natalia Pakhalenko – vocals, throat singing, shaman drums
Anatoly Pakhalenko – throat singing, talharpa, flutes, percussion, mouth harp
Aleksandr Rosliakov – live drums
Recording, mix & mastering
Anatoly Pakhalenko at Nytt Land Studio, Kalachinsk, Siberia (RU)
Artwork by Natalia Pakhalenko
Layout by Natalia & Anatoly Pakhalenko
Fondé en août 2013 à Kalachinsk, bourgade de Sibérie occidentale traversée par le Transsibérien et adossée à la rivière Om, le duo Natalya et Anatoly Pakhalenko a construit album après album un territoire sonore à part. Avec Aba Khan, leur dixième disque studio sorti le 20 février 2026 chez Prophecy Productions, ils reviennent chargés d'un an de pérégrinations à travers les étendues sibériennes, au contact des traditions spirituelles des peuples autochtones rencontrés en chemin. Le résultat sonne comme une transmission directe : brute, précise, sans filet.
La matière de cet album vient de là-bas, vraiment. Natalya et Anatoly Pakhalenko ont recueilli des pratiques rituelles, des langues en voie de disparition, des mythes que peu d'oreilles entendent encore. Tout cela s'est fondu dans le ritual dark folk qui est leur langue naturelle depuis Ritual (2021). Aba Khan prolonge cette trajectoire. Enregistré dans leur propre studio à Kalachinsk, l'album sonne l’authenticité avec l'acoustique du bois et la résonance du froid. Ici, zéro artifice, zéro habillage superflu.
Le disque s'ouvre sur le titre éponyme, courte incantation de 2'22 qui plante le décor comme une formule rituelle murmurée avant le feu. Puis Taiga prend son temps, près de sept minutes de talharpa lancinante et de chant de gorge d'Anatoly, grave et rugueux, ancré dans la terre comme une racine. Totem suit sur un registre plus vaporeux : les percussions y claquent comme des offrandes, la voix de Natalia flotte entre présence et dissolution, au-dessus du chant de gorge. Elle incarne ici une divinité ambiguë, protectrice ou menaçante selon l'angle. Uitag, titre instrumental, offre une pause lumineuse et méditative, avec ce son de flûte qui se confond presque avec celui d’un oiseau.
Avec Mansi, la forêt s'installe physiquement dans le son de NYTT LAND: bruits organiques, voix tendre de Natalia relevée d'une pointe de chant de gorge.
The Oath déploie une longue traversée planante, Prayer murmure comme une incantation, et Tygir Tayii (Heavenly Sacrifice) clôt l'ensemble en vocalises ascendantes. Une offrande finale, un appel d'une divinité ou l’ultime sacrifice, la frontière reste floue.
Les textes, chantés en dialectes sibériens autochtones et en vieux norrois, ne se traduisent pas, ils s'éprouvent, se ressentent au plus profond de vous. Chaque syllabe est un geste, chaque silence entre deux notes porte autant que les notes elles-mêmes. Les instruments et les percussions sont là en soutien d'un édifice qui puise sa densité dans la tension plutôt que dans le volume.
NYTT LAND est connecté à la nature et à ses esprits. Aba Khan est une transmission vivante des vibrations des terres sibériennes, fidèle à ceux qui les habitent depuis des millénaires.
Xavier
