
date de sortie : 04.09.2026
Label : Rockshot Records
Jo Amore - Lead vocals
Ced Legger - Lead guitars & backing vocals
Bob Saliba - Lead guitars, acoustic guitars, backing vocals
Seb Chabot - Bass & backing vocals
David Amore - Drums & Machines, backing vocals
Formé en 2018 autour de Jo et David Amore, le groupe propose avec Moonfall un excellent album qui sort chez Rockshot Records.
Moonfall vous emmène d’entrée de jeu : un ciel rouge, une course perdue d'avance et deux amants qui se promettent de se retrouver parmi les étoiles.
Le disque installe son ambiance dès cette ouverture : guitares énergiques et tranchantes, un chant qui alterne passages posés et montées en puissance. Vous êtes entre de bonnes mains.
Le heavy metal et le power metal mélodique fournissent le socle de leur son. La science-fiction fournit le récit. Selon les titres, vous aurez droit à la fin du monde, la révolte des machines, un voyage dans le temps vers les années, la survie : les thèmes s'enchaînent d'un titre à l'autre.
Nothing dresse le portrait d'une androïde qui ne ressent, ne désire et ne donne rien, et ceux qui l'approchent finissent vides à leur tour. Le chant grimpe par paliers dans le refrain et prête de la chaleur à un personnage vide de tout sentiment. Un contraste qui fait l'intérêt du titre. We Are Kingcrown change de registre : des chœurs fédérateurs, un refrain lancé comme une question au public et deux guitares qui s'imbriquent dans des soli rapides. Le groupe y condense son identité en moins de quatre minutes. Un véritable hymne au metal et à la communion avec le publi.
Le tempo accélère aussi sur A Thousand Years. Un morceau rapide et entraînant dont le chant se module au fil des couplets. L'histoire, celle d'un équipage revenu sur une Terre dévastée dix siècles plus tard, gagne en urgence à chaque accélération.
Rise of the Machines a une intro plus sombre. Les machines prennent la parole, annoncent la fin de l'humanité et pourtant le morceau donne envie de chanter en chœur, grâce à un tempo qui avance en continu et à des plages mélodiques.
All United continue dans la même veine avec des riffs simples et efficaces, dont l’impact est démultiplié avec l’utilisation de plusieurs pistes de guitare. Ce titre répond en quelque sorte à Rise of the Machines : la menace d'abord, la riposte ensuite. Les chœurs vous entraînent dans le mouvement de foule d'une rébellion humaine. Avec un solo de guitare qui reprend le thème principal avant de s'en échapper et de fuser vers les sommets.
Lost Horizon déploie l’atmosphère la plus épique : le chant et les guitares s'y répondent en un enchaînement soigné, avec plusieurs niveaux de voix et de chœurs qui s’harmonisent. Les paroles vous parlent d'un pilote disparu, réveillé en 2045 après une traversée du temps. Un titre avec une ampleur mélodique phénoménale.
Oblivion/Resilience place la voix en avant. Les chœurs occupent l'espace et donnent au morceau une allure théâtrale, qui épouse un texte sur la douleur de l'oubli et la volonté de reconstruire.
Moonfall se tourne ensuite vers le passé avec Back to the 80's, le titre le plus court, hommage au metal des années 80 porté par de belles parties de guitare.
Cette parenthèse festive vous emmène vers Beyond the Stars (4:46), qui vous emporte loin de la Terre et referme l'album sur un final plein d'emphase. Une épopée stellaire où des guerriers forgés dans la guerre voient leur monde s'effondrer. Libérés de la Terre, ils partent au-delà des étoiles, prêts à devenir des rois.
La production sert cet ensemble avec clarté. Chaque instrument dispose de sa place dans le mix, ce qui permet de suivre les différentes pistes de guitare, les nuances dans la voix, même au sein des passages les plus denses.
Le disque récompense toutes les écoutes, que ce soit juste pour le plaisir ou de façon plus attentive : les sensations s'additionnent, les détails techniques se révèlent d'un passage à l'autre. Et surtout les mélodies s'installent en vous dès la première écoute. Que ce soit l'énergie des refrains à reprendre en chœur ou en décortiquant chaque riff, chaque nuance, les deux approches fonctionnent toujours.
Avec Moonfall, Kingcrown poursuit sa route : mélodies, chœurs et travail des guitares composent un disque fort en sensations.
Xavier