Date de sortie : 30.01.2026
Label : Source Atone Records

 

LINE-UP :
Arsen Raziyev (guitare, chant)
Alan Dujardin (batterie)
Hugo Nogard (basse)
Quentin Florin (guitare, chant)

POUR SUIVRE EXIL : 
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TRACKLIST : 
01. Abîme
02. Karga
03. Rodina
04. Tchujoï
05.
Délivrance
06. Avec ou sans vous
07. Poussière
08. L'Exil (feat. Amy Tung Barrysmith - Amenra / Year Of The Cobra)

 

 

Le quatuor franco-kazakhstanais EXIL déploie son premier album comme une ombre glacée sur les steppes d'Asie centrale. Karga, qui signifie "corbeau" en kazakh, matérialise cette figure mythologique ambivalente en trente-six minutes de post-black metal hanté par les fantômes de l'exil. Ce disque fusionne black metal français et post-punk dans une alchimie sonore qui vous fait voyager.

EXIL cultive cette double identité. Le guitariste-chanteur d'origine kazakhe Arsen Raziyev a trouvé l'équilibre créatif avec l'arrivée de Quentin Florin (guitare, chant) et Alan Dujardin (batterie), aux côtés du bassiste Hugo Nogard. Cette stabilité transparaît dans chaque recoin de Karga.

Le voyage débute avec Abîme, titre instrumental qui démarre en douceur, par des percussions, avant qu'une mélodie lancinante surgisse et s’oriente progressivement vers une légère saturation. Cette montée en puissance annonce l'amplitude d’émotion que l’album va vous procurer. Karga, le titre éponyme, déferle ensuite avec ses riffs froids et ses hurlements torturés qui vous traversent comme le vent cisaille le corps. La basse de Hugo Nogard gronde et résonne tandis que la batterie galope à travers le chaos.

Rodina intensifie cette violence contrôlée, alternant passages agressifs et accalmies mélodiques qui rendent la déflagration suivante encore plus brutale. Les paroles en russe évoquent l'errance dans les rues désertées, la dissolution dans l'obscurité, cette sensation de toucher le fond avant qu'on vienne toquer d'en dessous. Tchujoï prolonge cette descente aux enfers pendant 7 minutes bouleversantes, tissant des harmoniques sombres, avec des textes multilingues (français, russe, anglais) qui martèlent le thème de l'absence de destination, du destin qui se termine dans le sang, de la chute perpétuelle dans le vide.

L'album ménage des respirations. Délivrance, court titre instrumental et acoustique, offre une trêve avant que Avec ou sans vous, puis Poussière replongent dans la tourmente. Ce dernier titre cristallise le spleen qui imprègne tout Karga : béton, poussière, souvenirs ternis par la haine, hordes de gargouilles au regard mortifère. La palette vocale d’Arsen Raziyev et Quentin Florin explore tous les registres, du spoken word habité aux cris déchirés en passant par les murmures éthérés. Sur Poussière, les passages plus atmosphériques entrent en collision avec la saturation abrasive, créant une tension presque insoutenable.

L’album referme ses ailes sur L'Exil, avec en invitée Amy Tung Barrysmith (Amenra, Year Of The Cobra). Sa voix enchanteresse flotte au-dessus des instruments. Tout semble calme et apaisé. Ce qui contraste radicalement avec les tempêtes précédentes. Ce final évoque l'épuisement après la bataille, les paroles répétant comme un mantra "through the void we fall" à la fin de chaque phrase du dernier couplet.

Karga place EXIL comme l'un des phénomènes les plus singuliers du post-black metal francophone. Le groupe forge une identité propre, ancrée dans plusieurs cultures, plusieurs langues, et livre une œuvre qui creuse jusqu'aux tréfonds de l’âme, un sentiment d'exil permanent.

 

Xavier