Date de sortie : 21.03.2026
Label : Manic Depression

 

https://manicdepressionrecords.bandcamp.com/album/md173-cold-cause-cold-cause
https://www.manicdepression.fr/artists/cold-cause/ 

 

 

1. Vampire der Liebe 03:46
2. City of Firmaments 04:55
3. Dead Diamond Machine 04:06
4. Road 05:02
5. Das Gespenst 03:02
6. Red Dust 04:27
7. On the First Page 05:09
8. Dark Madonna 05:21
9. Drunken Bird 02:45

 

Tout commence à Berlin en 2024, autour d'une performance dédiée à Joseph Beuys. Luiça au chant, Bruno aux machines, Mathieu à la guitare : trois trajectoires qui se percutent, une alchimie qui tient du premier coup. Le premier album éponyme du trio franco-allemand sort chez Manic Depression en 2026, et la direction est claire. Post-punk, EBM, expérimentation sonore : les coordonnées sont posées, mais le territoire reste à arpenter.

Vampire der Liebe ouvre avec un son sec, froid, distant. La voix de Luiça oscille entre murmure et morsure, les synthés découpent l'espace sonore, avec une guitare qui résonne, aérienne. City of Firmaments change d'angle : plus new-wave, plus ample, avec un synthétiseur qui résonne en nappes et une basse grave qui pulse sous la boîte à rythmes comme quelque chose de vivant enfoui dans le mixage. Mathieu y sculpte des paysages mélancoliques à la guitare, et le contraste entre les éléments organiques et mécaniques donne à l'ensemble une consistance très intéressante à entendre. Dead Diamond Machine propose dans une autre direction : ambiance électronique, mots répétés jusqu'à l'hypnose, voix plus grave et plus ronde. Le morceau vous entraîne sans que vous puissiez vous en échapper. Road file droit devant. Das Gespenst s'autorise même une certaine forme de légèreté synthétique et dansante. Red Dust fait le chemin inverse : le son tourne sur lui-même, un break en apesanteur suspend tout, puis ça repart.

On the First Page revient à un beat marqué, une basse incisive, et un traitement vocal en écho qui donne à chaque mot une résonance presque spectrale. Luiça glisse de l'anglais à l'allemand selon les titres, et cette bascule linguistique renforce la cohérence narrative de l'album, ses thèmes d'amours blessées, de dérives urbaines, de lumières nocturnes. Dark Madonna ralentit le tempo avec une texture industrielle et aérienne à la fois. Drunken Bird clôt les neuf titres sur un effet de marée montante : la voix d'abord seule, quasiment nue, puis la musique qui prend toute la place, lentement, jusqu'à ce que la frontière disparaisse.

La voix de Luiça a un côté caméléon et précis, capable de passer de la déclamation froide à quelque chose de légèrement chaud. Le duo Bruno/Mathieu construit autour d'elle des architectures denses, finement ciselées où la ferraille et les câbles deviennent de belles sculptures.

 

Xavier