
Date de sortie : 27.02.2025
Label : Virgin - No Quarter - Vertigo
https://carpenterbrut.bandcamp.com/album/leather-temple
https://carpenterbrut.lnk.to/_leather_temple2077
CARPENTER BRUT referme la porte de Midwichpolis avec Leather Temple, troisième et dernier acte d'une trilogie qui aura redéfini les contours de la darksynth depuis Leather Teeth en 2018. L'album brasse une énergie brute et nerveuse. Une électro prise de fièvre industrielle avec des résonnances synthétiques des années 90. À quoi vous ajoutez des arrangements orchestraux qui surgissent comme les sirènes dans un bunker en feu. Dix titres. Quarante minutes. Zéro répit.
Leather Temple est entièrement instrumental. C’est le premier album sans la moindre voix d’invité. CARPENTER BRUT s'isole délibérément pour revenir à l'essentiel.
L'histoire qui sous-tend l'album se déroule en 2077 à Midwichpolis, cité dystopique sous la coupe d'Iron Tusk, tyran omniprésent sur les écrans géants. Ouverture (Deus Ex Machina) installe ce monde en quelques secondes : orgue d'église aux accords liturgiques, ce qui fait écho au titre de l’album Leather Temple. Major Threat enchaîne comme un uppercut cybernétique, la ligne de basse poisseuse, les breaks chirurgicaux. C'est ici que l’histoire prend corps : Lita Connor, cheffe du groupe rebelle la Horde, vient d'exhumer des ruines de l'ancien Midwich Valley le corps congelé de Bret Halford qui a un bras arraché, le visage brûlé, pour le reconstruire en arme biologique. Bret ouvre les yeux, et l'humanité a déserté son regard.
Leather Temple fait groover l'album d'une pulsation syncopée à la limite du métal industriel, ce qui colle parfaitement avec la tour d'Iron Tusk se dressant comme une lame noire au cœur de la cité. She Rules the Ruins représente Lita dans les bas-fonds, les blast-beats explosant quand la machine s'emballe. Start Your Engines projette dans l'arène des courses mortelles appelées Speed or Perish, spectacles impériaux où la promesse de liberté est un mensonge permanent.
Neon Requiem marque le seul moment suspendu de l'album : Bret traversé de flashs de mémoire, une grand-mère, une fille prénommée Kendra, les soli de guitare d'un groupe appelé Leather Patrol. La mélancolie synthétique y côtoie la douleur de la trahison, avant que Iron Sanctuary (la forteresse-atelier d'Iron Tusk où ses ennemis sont transformés en soldats vides) ne remette la pression à son niveau maximum.
The Misfits / The Rebels incorpore des textures industrielles, pour la grande poursuite à moto et l'arrestation calculée de Lita et Bret. Speed or Perish fait trembler l’arène de Midwichpolis, Lita pilote un véhicule hybride alimenté par la force bionique de Bret et affronte plusieurs machines de guerre dans une course truffée de pièges mortels. Contre toute attente, ils repoussent chaque attaque et franchissent la ligne d’arrivée, laissant leur rival Iron Tusk figé dans un silence inquiet. Un titre sous tension, explosif. The End Complete clôt la trilogie dans un crescendo orchestral, une explosion, un effondrement. Et pour certains, dans les décombres du temple, peut-être l'esquisse d'une aube. Car au sommet du Temple, Bret et Lita s’apprêtent à recevoir leur prix quand elle lui révèle la vérité : la bombe dans sa poitrine, héritage de Kendra, qui doit exploser pour renverser la tyrannie. À 23 h 58, l’explosion détruit le Temple dans un chaos total, et personne ne saura jamais qui a survécu ni si un nouveau monde est vraiment né.
Leather Temple est le plus dense et le plus sombre de la trilogie. Ici moins de nostalgie, plus de rage froide pour une aventure aussi épique que dramatique.
Pour CARPENTER BRUT, c'est un nouveau sommet qui est atteint.
Xavier