
Date de sortie : 07.09.2026
https://linktr.ee/carbonicfieldsofficial
https://carbonicfields.bandcamp.com/
1. SIGILLUM 00:44
2. IN THE STORM 03:47
3. PORCELAIN FACE 05:36
4. DEVIL(S)WING 03:54
5. GO(D)ESCENT 04:12
6. PENTACRUAL 04:01
7. LET US PREY 06:04
8. APOCALIES 04:12
9. ESCAPE 616 03:55
10. GHOSTS STILL FOLLOW 04:34
11. FALSE MESSIAH 04:26
12. EXITIUM 01:14
Line up
Thomas D'Herbomez : chant
Mathieu Méheust : guitares et voix de goblin
Mickaël Cossé : guitares
Emeric Méheust : batterie
CARBONIC FIELDS livre son second album conceptuel, SPIRITUS MENTIS.
SPIRITUS MENTIS raconte l'histoire d'un père et de sa fille absorbés par une institution qui se présente comme un refuge et se révèle un piège. L'endoctrinement s'installe par étapes : promesses de fraternité, discours réconfortant, puis mainmise progressive sur les choix, les corps et les pensées. Au fil des morceaux, vous suivez cette bascule, de l'adhésion presque volontaire jusqu'à la privation totale de liberté, sous l'autorité d'un gourou qui se pose en guide spirituel et agit en prédateur.
L'album ne se contente pas de décrire l'emprise, il en suit aussi la sortie. La tentative d'évasion, la traque qui s'ensuit et le poids d'une emprise qui continue de peser après la rupture forment la seconde moitié du récit, jusqu'à la chute du meneur, rattrapé par la justice. CARBONIC FIELDS construit ce fil narratif avec quelques surprises, avec ses séquences jazzy-swing ou théâtrales, des textures complexes et pourtant toujours mélodiques, des riffs puissants et des arrangements orchestraux qui viennent nourrir la tension entre les passages les plus brutaux et les rares moments de répit.
Le trash/death mélodique est le style majeur que vous retrouverez, dans la veine de Behemoth ou Fleshgod Apocalypse, avec des éclats de théâtralité qui rappellent Avatar ou Magoyond (pour le titre Devil(s)wing).
L'ouverture instrumentale et théâtrale Sigillum plante un décor oppressant en quelques minutes à peine, entre nappes menaçantes et montée de tension. Vous voilà vous-même conditionné.
Sur SPIRITUS MENTIS, le son occupe tout l'espace disponible, en permanence. Les riffs tranchants s'appuient sur une batterie véloce et précise, tandis que les nappes orchestrales s'imposent pour donner plus de magnificence et de présence à leur métal.
Le chant, lui, alterne les registres : rauque et puissant dans les passages les plus violents, il devient plus clair, presque parlé sans que la tension retombe sur d’autres moments. Avec tous les types de saturation qui sont utilisés, en lead ou pour les backing vocals. In the Storm ouvre le bal en racontant un accident de voiture qui bascule une vie entière, entre culpabilité et perte de repères. Porcelain Face pousse plus loin cette noirceur, avec le récit d'une fille rongée par la disparition de son père, jusqu'à l'idée du suicide. Les changements de rythme dans le titre lui donnent une tonalité bien sombre qui vous emporte.
Devil(s)wing change de registre : la voix se fait manipulatrice, celle d'un gourou qui promet salut et fraternité pour mieux capter ses proies, sur un fond de musique metal qui se mélange avec du cabaret jazz qui me fait penser à ce que pourrait proposer Magoyond. Un titre qui tranche avec la lourdeur du reste de l'album.
Go(d)escent bascule dans la tête du meneur sectaire lui-même, entre délire de toute-puissance et prières latines détournées, glissées comme des incantations au milieu du chaos. Le solo de guitare qui traverse le titre atteint un sommet technique, agressif et mélodique à la fois. Et ce jeu à la batterie, ça vous propulse toujours plus loin.
Pentacrual décrit ensuite les punitions physiques imposées aux membres de la secte, présentées comme un chemin vers l'absolution. Quelle accélération sur le son, avec les instruments qui jouent à l’unisson, pour un impact indélébile. Il y a une urgence et une violence immense dans ce titre.
Let Us Prey enchaîne sur la construction d'une citadelle et l'exaltation du sacrifice collectif, portée par deux solos de guitare qui accélèrent la tension du morceau à chaque relance. Vous entendez de délicates voix d’enfants se joindre au chant metal, de quoi vous glacer un peu plus les sangs. Un titre massif à souhait avec des breaks atmosphériques, presque lyriques.
Apocalies dénonce les violences faites aux femmes, entre lobotomie et emprise. Vous aurez des ruptures rythmiques qui cassent le tempo à intervalles réguliers et redonnent de l'air au morceau avant de repartir de plus belle.
Escape 616 marque le tournant du récit : la fuite nocturne du père et de sa fille, traqués par les partisans du culte à travers la citadelle. Sur un tempo ultra-rapide, vous êtes emportés par la vitesse et la puissance de la musique. La technique et la mélodie ne sont en rien sacrifiées, les guitares alternent riffs puissants et notes virevoltantes.
Ghosts Still Follow prolonge cette tension, celle d'une emprise qui continue de peser après la rupture, harcèlement et menaces compris, jusqu'à l'épuisement des deux fugitifs. La batterie avec un côté tribal, qui résonne en vous. La musique est grandiloquente, avec des claviers et des guitares aux sonorités plus synthétiques.
False Messiah referme l’histoire en mettant en scène la chute du gourou, démasqué et rattrapé par la justice après avoir dépouillé ses fidèles et pris la fuite avec leur fortune. Le titre concentre l'énergie de l'album entier : le chant puissant porte des guitares qui doublent la ligne vocale et montent avec elle, coupées par des breaks abrupts sur un groove efficace, avant un solo rapide et technique pour la fin du titre. L'album se termine sur Exitium, une outro acoustique avec des chants d'oiseaux et un orage lointain en fond sonore. Un contraste net avec la brutalité qui précède et une respiration bienvenue après une heure de tension.
La guitare est toujours tranchante et la basse gronde et appuie aux côtés d’une batterie puissante, pendant que les éléments orchestraux viennent épaissir le tableau tout en gardant chaque élément audible, même dans les passages les plus denses.
Le récit sert de colonne vertébrale à la musique, et l'inverse fonctionne tout aussi bien : chaque rupture de rythme correspond à un basculement de l'histoire, chaque accalmie précède une nouvelle montée de tension.
Xavier