Date de sortie : 27.03.2026
Label : Spinefarm / PIAS

 

 

 1. Name In Blood       04:37
 2. Gatherer of Souls     03:36
 3. The Hand of Tomorrows Grave 04:03
 4. Better Days & Wiser TImes       05:36
 5. Broken and Blind     03:12
 6. The Gallows         03:52
 7. Above & Below 03:28
 8. Back To Me     03:35
 9. Lord Humungus 03:35
 10. Pedal To The Floor      04:35
 11. Broken Pieces   02:56
 12. The Stranger         03:09
 13. Ozzy's Song       05:29

 

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Engines of Demolition s'étend sur quatre ans de maturation. Quatre années que Zakk Wylde a passées en grande partie sur les routes de la tournée Pantera, endossant l'héritage impossible de Dimebag Darrell, avant de traverser en 2025 la disparition d'Ozzy Osbourne, son mentor et frère d'armes de toujours. Tout cela se retrouve sur le douzième album de Black Label Society et lui donne une densité émotionnelle rare dans la discographie du groupe. Ici, moins une démonstration qu'un journal de bord écrit avec une authenticité brute. La production est organique, directe, avec quelques effets de studio, il faut bien que la magie opère. Amateurs de guitares solides, entrez dans une salle des machines.

Name in Blood installe d'emblée une pesanteur hypnotique. Après une intro très atmosphérique, vous tombez sur un riff ultra-solide, avec un tempo répétitif qui tourne en boucle, avant qu'un solo ne s'étire tel un câble sous tension. Les paroles traitent d'un serment d'allégeance absolu, jusqu'à la mort. Le narrateur exprime un dévouement absolu et sacrificiel envers un être aimé. Il est prêt à traverser les flammes, porter toutes les croix et mourir sans regret pour rester à ses côtés. Il offre tout ce qu’il a, jusqu’à signer son nom avec son propre sang. Le décor est posé.

Gatherer of Souls enchaîne sur un riff aux allures de vieux blues sous stéroïdes, un strumming rageur qui laisse de l'espace au chant, jusqu'à un solo virevoltant qui conclut le tout avec une vélocité insolente. Le morceau dépeint une entité destructrice qui orchestre la fin de l'humanité. Une voyageuse du temps, une machine de haine déguisée en lumière. Elle enterre les sauveurs, provoque la ruine du monde et la chute de l’humanité, née de ses propres créations.

The Hand of Tomorrow's Grave installe une transe lente : boucles de guitares, batterie hypnotique, chant doublé qui enveloppe. L'imagerie serpentine des paroles, la corruption politique et les espoirs trahis collent parfaitement à ce son doom qui groove lentement. Les paroles sont une critique des faux espoirs et des promesses trompeuses. Les sourires vendus cachent des serpents et un avenir funeste. Le narrateur se sent perdu et trahi par ce qui est offert.

Better Days & Wiser Times opère un virage acoustique, folk délicat au slide et chant clair, avant qu'un solo électrique ne surgisse avec une intensité contenue où chaque note compte davantage que dix riffs. Le narrateur tourne le dos aux vents froids du passé, aux trahisons et aux blessures accumulées. Il choisit d’avancer vers des jours meilleurs, plus sages, en abandonnant ses inquiétudes.


Broken and Blind revient à un tempo à la lourdeur tribale, régulier et implacable. Après tout pas besoin de vitesse pour démolir quand le riff sait exactement où appuyer. La chanson parle de prise de conscience, mais trop tard. Le narrateur quitte un monde toxique au lever du soleil, réalisant trop tard qu’il a été mentalement détruit et éloigné de lui-même. Il se sent brisé et aveugle, sans plus rien à perdre.

The Gallows monte par paliers successifs, solo qui s'accélère et s'élève comme une pression qui n'en finit pas de trouver son seuil critique. Les paroles évoquent une relation qui consume tout sur son passage, deux âmes condamnées à brûler ensemble. Une plongée dans le désespoir total. Le narrateur se sent déjà mort intérieurement, il partage une destinée funeste avec l’autre. Ils brûleront ensemble tandis que leurs gibets tombent en cendres.

Above & Below joue sur les ruptures avec un art du contraste : énergie sèche, break atmosphérique nu, puis retour brutal avant un solo exploitant l'effet d'octave entre deux guitares en harmonie. C'est une vision chaotique du monde qui est décrite dans les textes : confusion, croyances folles, ciels en feu, tromperie et destruction éternelle. Tout ce qui est en haut comme en bas finit par s’effondrer.

Back to Me est une complainte acoustique, fragile et mémorable, qui flotte comme une lettre jamais envoyée. Les paroles vous proposent de poser un dernier regard sur une séparation inévitable. Malgré la distance et le vide laissé, le narrateur espère que l’autre reviendra un jour vers lui, au milieu des larmes et du néant.

Lord Humungus (référence à Mad Max 2) plaque immédiatement un riff massif et trapu. Sur ce titre, vous aurez droit à un solo ascendant qui joue lui aussi sur les harmonies à deux guitares, pour une chanson qui célèbre la survie au bord du chaos, une sorte de carpe diem face à la destruction.

Pedal to the Floor est irrésistible. Ce titre va déclencher des headbangs instinctifs dès la première mesure et propulse les deux guitares en harmonie vers une résonance addictive. Les paroles évoquent une détermination farouche à foncer sans s’arrêter. Le narrateur refuse de céder face à la mort qui frappe à la porte, prêt à traverser l’enfer pour rester en vie et défendre son monde. Une résilience extrême, un combat pour la survie et le refus de la mort.

Broken Pieces vous emmène lentement, comme une créature nocturne qui glisserait dans l'obscurité sans faire de bruit. Le riff lancinant installe une atmosphère de rock classique épuré. Ici pas de fioriture, pas d'esbroufe, juste ce groove qui vous prend par la main et vous emmène sans résistance possible, avec cette évidence propre aux grands morceaux simples. Le narrateur offre les morceaux brisés de sa vie et de son monde à l’autre. Dans le silence et la tristesse, il trouve le pardon dans ce qui lui a été donné, même si c’est douloureux. Avec une image poignante : offrir à l'autre ses propres ruines, les fragments épars d'un monde intérieur effondré. Comme si le seul cadeau encore possible était l'aveu de sa propre dissolution, une tombe aquatique qui fixe le regard en retour, et dans laquelle on finit par trouver, étrangement, une forme de pardon.

The Stranger, solide et entraînant, cette composition explore une errance dans l'espace-temps. Un voyage cosmique solitaire à travers le temps et l’espace. Le narrateur se sent étranger dans un univers où tout est mort, sans foyer, errant seul entre passé, futur, vie et mort.

Ozzy's Song referme l'album comme on ferme un cercueil avec tendresse : piano et guitare acoustique, chœurs vaporeux, chant marqué par une émotion brute. Un hommage à Ozzy Osbourne. Le solo final monte vers la stratosphère, dernier geste de gratitude envers celui qui a tout commencé.

Face à une scène souvent obsédée par la surproduction et la vitesse, Engines of Demolition avance à contre-courant. Un anachronisme revendiqué et c'est précisément là que réside sa force. mid-tempo massif, graves profonds, production organique qui respire comme une salle des machines encore chaude. Zakk Wylde ne cherche plus à impressionner : il choisit de raconter, de peser chaque note, d'alterner les murs de Marshall et les moments acoustiques presque à nus, comme autant de cicatrices que l'on expose plutôt que de masquer. L'héritage de Black Sabbath et d'Ozzy Osbourne est là, intact, mais teinté d'un blues rugueux et d'une mélancolie qui traverse l'album de bout en bout. Vous entendrez des riffs doom, des complaintes folk, des soli énergiques et breaks atmosphériques. Tout cela pour dessiner un territoire sonore sombre et cohérent, quelque part entre le wasteland de Mad Max et la chambre d'un homme qui prend le temps de faire le bilan. Dans la discographie de Black Label Society, Engines of Demolition est habité, avec cette lourdeur physique et ce poids émotionnel qui finissent par ne plus faire qu'un.



Xavier