Date de parution : 15.10.2025
Editeur : Oxymores Editions

EAN : 9782385611217
ISBN : 238561121X
56 pages

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Avec « La compagnie des lames brisées », Nicolas Jarry et Oleg Okunev referment la saga EMPIRES sur une note résolument sombre. Ce cinquième volume vous confronte à une question dérangeante : que subsiste-t-il de notre humanité lorsque le pouvoir nous dépouille de tout ce qui nous définit ?

Vous allez vous retrouver au cœur d'un empire sur lequel règne un doge tyranique, perfide, qui orchestre ses machinations dans la cité de Qoras. Cette métropole respire la malveillance institutionnalisée. Vous allez sentir la catastrophe approcher sans pouvoir l'empêcher, cette sensation d'assister impuissant, comme Jorn, à l'effondrement programmé.

Au centre de ce nid de frelons se trouve Jorn, ancien combattant déchu, transformé en gladiateur. Son parcours est une tragédie. Il est l'individu broyé par les rouages du pouvoir. Jadis lieutenant de la compagnie mercenaire menée par la capitaine Valia Ser’Ferus, il se retrouve contraint de massacrer ses propres frères d'armes dans l'arène, sous les acclamations d'une foule assoiffée de sang. Cette métamorphose forcée du protecteur en exécuteur constitue le fil rouge de ce volume qui ne propose aucune forme de rédemption.

La série EMPIRES est un véritable miroir, avec un verre sombre et implacable qui met en lumière les déviances de nos sociétés contemporaines. Vous pouvez y voir la manipulation des masses, l'instrumentalisation de la violence comme spectacle, la corruption des institutions. Des sujets qui résonnent de façon aussi percutante que troublante. Le doge n'est pas un antagoniste caricatural : c'est un stratège politique qui maîtrise l'art de la duplicité. Il sait retourner chaque situation à son avantage et se protéger derrière des boucs émissaires.

Le dessin d’Oleg Okunev amplifie l'impact. Son trait réaliste capture avec précision la déchéance progressive de Jorn, tandis que les coloristes Amélie Picou et Vincent Powell habillent cette descente aux enfers d'une palette oscillant entre ocres brûlants et ombres menaçantes. Les scènes d'affrontement dans l'arène possèdent une intensité viscérale qui maintient en permanence la tension du récit.

Le rythme de cette aventure ne laisse aucun répit. Chaque planche pousse les protagonistes un peu plus loin dans l'abîme, chaque dialogue révèle une nouvelle couche de trahison. Car tous sont dans la même situation et même sans le savoir, filent droit vers la chute finale. C’est une réelle érosion de la conscience sous la pression d'un système malsain et vicieux, qui ne tolère aucune dissidence.

La série EMPIRES ne plaira pas à ceux qui recherchent des échappatoires héroïques ou des fins rassurantes. C'est une œuvre exigeante, qui vous emmène au cœur de sa noirceur.

 

Xavier